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Lâchez Guy Lafleur!

Diane Francoeur
Photo d'archives, Éric Yvan Lemay Diane Francoeur

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Les discussions entre le gouvernement Legault et la Fédération des médecins spécialistes du Québec à peine entamées, sa présidente a déjà usé d’un odieux chantage émotif.

«Quand on se fait traiter de voleurs, je pense que le chirurgien cardiaque qui a opéré Guy Lafleur la semaine dernière avec succès, il ne faudrait pas qu’il ait une trop belle offre de Toronto ou d’ailleurs, il serait peut-être tenté.»

C’est ce qu’a asséné la docteure Diane Francoeur mardi, en entrevue avec mon collègue Charles Lecavalier, sans hésiter à utiliser politiquement le quintuple pontage subi par le Démon blond.

Ce que la présidente n’a pas digéré, c’est que le premier ministre demande aux spécialistes d’accepter une révision à la baisse de leur salaire, afin qu’il se retrouve à 9 % sous la moyenne canadienne. François Legault, il est vrai, a aussi dégainé rapidement le spectre d’une loi spéciale si les discussions devaient achopper avec les médecins.

Mais, franchement, y avait-il là une raison pour menacer de ne plus sauver nos héros malades? Instrumentaliser les problèmes cardiaques du marqueur de la Sainte-Flanelle, en termes de hockey, c’est jouer cochon.

On ne croit pas que les médecins spécialistes vont crier «sauve qui peut» et déserter le Québec si l’État limite leur rémunération au même écart que celui qui existe entre les autres professionnels de la santé d’ici et ceux du reste du Canada.

Portrait avantageux

La semaine dernière, un rapport de l’Institut canadien de l’information sur la santé (ICIS) révélait que les médecins spécialistes québécois gagnent en moyenne 429 000 $, alors que la moyenne canadienne est de 396 000 $.

Dans l’entente actuelle, conclue sous le précédent gouvernement Couillard et que François Legault veut rouvrir, Québec payait une note de 2 milliards $ de plus pour la rémunération des spécialistes jusqu’en 2023.

Cela couvrait une hausse de 11 % sur 8 ans, mais surtout un «rattrapage» de 1,5 milliard $ consenti dans une entente précédente.

L’ex-président du Conseil du trésor, Pierre Arcand, avait attaché les mains du gouvernement en signant ce pacte. Il prévoit une révision selon les résultats d’une étude comparative de l’ICIS avec le reste du Canada, mais seulement si elle devait démontrer que les médecins d’ici étaient désavantagés.

Dans la situation contraire, comme c’est le cas présentement, le contrat ne prévoit aucune révision à la baisse. «Une entente, c’est une entente», s’était défendu l’argentier libéral. Bizarre que ça ne fonctionne que dans un sens.

On en est là

Nos médecins ont profité d’un tel «rattrapage» sous les libéraux qu’ils gagnent plus que leurs confrères canadiens. De plus, le coût de leur formation est plus bas ici, tout comme le coût de la vie.

Parce que les médecins spécialistes déplorent le manque de précisions des données de l’ICIS (le gouvernement ne leur donne pas tort là-dessus), une nouvelle étude a été commandée afin de tenir compte de davantage de paramètres.

Même si le rapport ne sera rendu public qu’en décembre, tant le gouvernement que la FMSQ ont reçu les chiffres. Selon nos sources, ils ne contrediraient pas la prétention de François Legault.

Le chef de la CAQ a martelé dans l’opposition que les médecins spécialistes gagnaient 1 milliard $ de trop, ce qui pourrait correspondre à une réduction de 20 % de leur rémunération.

Le gouvernement caquiste se sent «du bon côté de la clôture» pour la négociation, convaincu que les citoyens ont été exaspérés par les hausses faramineuses consenties dans les dernières années et les nombreuses primes qui ont fait les manchettes.

Le ton montera encore. Mais de grâce, lâchez Guy Lafleur!

Les bulletins

François Legault, CAQ

Diane Francoeur
Photo d'archives, Simon Clark

Le premier ministre a posé le bon geste en présentant rapidement aux peuples autochtones des excuses officielles au nom de l’État québécois, à la suite de la publication du rapport Viens. Mais sa déclaration, à l’effet que baisser les tarifs d’Hydro-Québec serait un incitatif au gaspillage, laisse un drôle de goût...

Éric Girard, CAQ

Diane Francoeur
Photo d'archives, Simon Clark

Le sympathique ministre des Finances s’est mis un pied dans la bouche en affirmant que l’aide financière du gouvernement Legault s’adressait uniquement aux médias écrits parce qu’ils sont «la source de l’information générale de qualité». Il a ainsi vexé les collègues des radios et télévisions de tout le Québec, qui se sont sentis comme des journalistes de deuxième ordre.

Sonia Lebel et Danielle McCann, CAQ

Diane Francoeur
Photo d'archives, Simon Clark

Les ministres de la Justice et de la Santé ont pris la bonne décision de ne pas porter en appel le jugement de la Cour supérieure qui invalide la notion de «fin de vie» de la loi québécoise sur l’aide médicale à mourir. Elles préviennent qu’une modification n’est pas exclue, toutefois. Des gens qui souffrent sans chance de guérison et qui n’ont plus de qualité de vie voudraient profiter de l’AMA même si leur mort n’est pas prévisible.

Amir Khadir, ex-QS

Diane Francoeur
Photo d'archives, Simon Clark

En quittant la vie politique pour redevenir médecin, l’ancien élu de Mercier avait affirmé qu’il n’avait pas besoin de son allocation de transition de 90 000 $ et qu’il comptait la distribuer à des organismes du comté. Les sommes sont remises comme promis. Que ceux qui ont déjà renoncé à un tel montant d’argent qui leur revenait de plein droit lèvent la main...

En vrac

Le jab de la semaine :

Diane Francoeur
Photo d'archives, Jean-François Desgagnés

On aurait été surpris que le Parti libéral approuve l’élimination des postes de commissaires (scolaires), quand on sait que, bien souvent, c’est leur club-école.

— Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge

Salut Michel

Diane Francoeur
Photo d'archives, Jean-François Desgagnés

L’ex-député d’Ungava, ministre délégué au Développement du Nord québécois et aux Affaires autochtones sous Bernard Landry, est décédé cette semaine. Le grand Michel, toujours souriant a été un exemple de respect et d’élégance pendant sa carrière de 13 ans à l’Assemblée nationale. Bon gars comme ça, il ne s’en fait presque plus...