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Pendant qu’on vole nos renseignements

ier sur les fraudes par cartes de credit, Journal de Quebec, Quebec, 9 mars 2018. PASCAL HUOT/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI
Photo d’archives, pascal huot Aucun parti n’a pris des engagements sérieux pour nous protéger du vol de nos données personnelles.

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L’une des choses apprises dans le Face-à-Face de la semaine, c’est le faible intérêt des partis face à la menace du vol ou du marchandage de nos données personnelles. Cet enjeu, pourtant au cœur des discussions publiques, semble être curieusement demeuré dans l’angle mort de tous les partis.

Interrogés par Pierre Bruneau sur les mesures à prendre, les quatre chefs de parti ont dit, chacun à sa façon, combien ils trouvent que c’est un sujet important. Oui, oui, oui, il faudrait faire quelque chose ! C’est la phrase naturelle qui sort de la bouche d’un politicien lorsqu’on lui soumet un problème.

Mais que faut-il faire exactement ? Et quand ? Oups, nous sommes restés dans un désert de propositions concrètes. Sachant que même les engagements clairs comme du cristal ne sont pas toujours réalisés, inquiétons-nous des engagements creux du type « oui, oui, il faudrait bien faire quelque chose » !

Très inquiétant

Pourtant, ce problème s’est hissé au sommet des inquiétudes de la population au cours des derniers mois. Des renseignements bancaires précieux furent subtilisés, des données personnelles en pharmacie semblent avoir été marchandées. Des pirates ont volé des courriels, d’autres sont entrés dans des systèmes informatiques, s’emparant chaque fois de listes de données personnelles.

Des données que des citoyens avaient confiées de bonne foi, dans la confiance qu’elles seraient conservées précieusement. Des centaines de milliers de citoyens se sentent violés dans leurs affaires personnelles. Pire encore, ils ont la crainte de faire l’objet d’un vol d’identité ou d’autres formes de fraude.

Après avoir fouillé dans les plateformes des différents partis, j’ai compris pourquoi les chefs ont répondu en faisant des bulles mercredi soir à cette question pourtant précise. Le sujet est oublié.

Les libéraux ont pensé à payer des vacances à même les fonds publics.

Les conservateurs ont pensé aux pompiers volontaires.

Les néo-démocrates font de multiples suggestions dans les domaines réservés aux provinces.

Mais personne n’a avancé des propositions solides pour mieux protéger les citoyens du vol de leurs données personnelles.

Des gestes à poser

Pourtant, certaines pistes me semblent s’imposer, dans des juridictions qui appartiennent au gouvernement fédéral. D’abord, il me semble qu’il y aurait lieu de resserrer le Code criminel à la lumière des nouvelles tendances.

Punir plus sévèrement le crime de ceux qui participent à un vol de renseignements personnels. Même chose pour les bandits qui achètent ou corrompent un employé stratégique dans une organisation pour le pousser à subtiliser des listes de renseignements. Faire peur aux voleurs d’identité eux-mêmes. Et resserrer les règles de responsabilité des entreprises qui détiennent de telles listes pour divers motifs.

Si vous croisez un candidat dans votre circonscription d’ici la fin de la campagne, voilà qui serait un bon sujet à aborder. Celui-ci vous répondra que c’est un sujet très important et qu’il faut faire quelque chose. Souriez.

De retour à son bureau de campagne, il réclamera de la direction du parti qu’on s’occupe de ça.