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Survivre au baby-clash

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Même si on passe neuf mois à décorer la chambre de bébé, qu’on a un plan de naissance réglé au quart de tour et que chaque petit détail est pensé et réfléchi, l’arrivée d’un nouveau-né réserve inévitablement son lot de surprises. Et pas que des bonnes.

Outre les nuits blanches, les couches pleines et les montées de lait, on va se le dire, la venue de la cigogne, ça te brasse un couple sur un moyen temps.

Avez-vous remarqué à quel point la proportion de nouveaux parents qui se séparent dans les deux premiers ans de vie de leur rejeton est impressionnante ? Tellement, que le phénomène a un nom : le baby-clash.

Selon Bernard Geberowicz, psychiatre et auteur du livre Baby-clash, le couple à l’épreuve de l’enfant (Albin Michel), 20 % à 25 % des couples se séparent dans les premiers mois suivant la naissance de bébé.

Surprenant ? Pas tant que ça

Rassurez-vous, j’ai toujours la bague au doigt, mais disons que les dernières années n’ont pas été de tout repos. J’ai plus d’une fois craint de joindre les rangs de la statistique, mettons.

Chéri et moi avions quand même plusieurs années de vie commune et un mariage derrière la cravate avant d’enfanter. On a amplement eu le temps pour être sur la même longueur d’onde au niveau de nos valeurs

familiales. Devenir parents allait être un jeu d’enfant. Enfin, on le pensait.

Parce que l’équation manque de sommeil plus facteurs de stress n’égale jamais rien de bon.

Parlons-en du stress chez les nouveaux parents.

Pour nous, les irritants ont d’abord été financiers. On le sait, l’argent est le premier sujet de discorde dans un couple. Deux travailleurs autonomes, dont une au ralenti parce qu’en congé parental, ça rushe sur un moyen temps au niveau du revenu familial.

Ajoutez à ça la fameuse charge mentale. Aucune mère n’y échappe. Ça fait parfois de nous la maudite chialeuse qu’on ne souhaitait jamais devenir, mais bon. On y survit parfois. À grands coups de diplomatie et d’eau dans notre vin.

Finalement, j’ajouterais à cette petite grande liste d’irritants parentaux le manque de confiance en soi. Pour moi, cette confiance s’est retrouvée au deuxième sous-sol plus d’une fois. Ça n’a pas été de tout repos pour le couple, je vous en passe un papier. Combien de fois j’ai pensé que mon homme pourrait facilement être séduit par plus jeune, plus ferme, plus stimulante que moi, mère en mou, sans autre sujet de conversation plus captivant que la texture des cacas de bébé. Oui, j’ai flirté avec la jalousie. Pas chic.

Quatre ans et deux petits bouts d’hommes plus tard, mon couple tient toujours le coup.

Si nous sommes toujours unis, mon tendre et moi, dans cette grande aventure qu’est la parentalité, c’est surtout parce qu’on sait que de l’autre côté de ces tempêtes qui bousculent occasionnellement notre quotidien, on s’aime encore gros comme le monde. Et tant qu’on sera prêts à se battre pour ce qu’on a bâti au fil du temps, on sait qu’on ne deviendra jamais une statistique.

Quétaine de même.