/news/education
Navigation

[PHOTOS] Voyez des cours d’école qui sortent de l’ordinaire au Québec

Ces aménagements originaux font le bonheur des élèves, a constaté Le Journal

Coup d'oeil sur cet article

À quoi ressemblent les cours d’école de vos enfants? Au moment où ils y passent plus de temps que jamais, Le Journal en a évalué des centaines. Un dossier à suivre jusqu’à lundi.


Alors que le tiers des cours d’école de Montréal, Laval, Longueuil, Québec et Lévis n’atteignent pas la note de passage lorsqu’on évalue l’état de leurs installations, comme l’a révélé samedi Le Journal, d’autres se démarquent par leur originalité. Voici un tour d’horizon de cinq cours d’école qui n’ont pas nécessairement obtenu les plus hautes notes dans notre évaluation, mais qui sortent de l’ordinaire, pour le plus grand bonheur des élèves qui ont la chance d’y passer leurs récréations.

Une cour d’école avant-gardiste récompensée

Photo courtoisie, Fauteux et associés

École Nouvelles-Querbes, Montréal

La cour de l’école Nouvelle-Querbes à Montréal a obtenu un prix d’excellence de l’Association des architectes paysagistes du Canada en 2015. Elle s’est démarquée grâce à son «côté atypique», avec ses espaces qui favorisent le jeu libre, explique l’architecte paysagiste Marc Fauteux, qui a participé à la conception de la cour alors que ses enfants fréquentaient l’établissement. «À l’époque, on brisait des standards», lance-t-il. Dans cette cour de récréation qui ne ressemble à aucune autre, les élèves peuvent jouer dans un petit sentier aménagé dans un îlot surélevé, fait de grosses pierres et de verdure. Ils peuvent aussi grimper dans une estrade aussi faite de roches, où simplement s’y asseoir. Toutes les précautions nécessaires ont été prises pour limiter les accidents, mais le niveau de risque, qui ressemble à celui qu’on retrouve un peu partout en nature, reste modéré, affirme l’architecte paysagiste. Il y a bien eu «des mentons fendus et des bras cassés» depuis que la cour a été réaménagée, mais pas plus qu’auparavant, affirme M. Fauteux. Un verdict confirmé par la directrice de l’établissement, Laurence Houiller.

Déco originale dans une cour d’Hochelaga- Maisonneuve

Photo Chantal Poirier

École Saint-Émile, Montréal

Des bancs et bacs à fleurs faits avec des palettes de bois recyclés, des dessins pixelisés sur les clôtures métalliques et du gazon synthétique : les parents des élèves de l’école Saint-Émile ont rivalisé d’imagination pour ajouter de la vie dans cette cour située dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal. Une centaine de parents ont travaillé fort pour embellir cette cour : ils ont notamment percé 10 000 trous pour accrocher 5000 petits carrés de plastique afin de former les dessins sur la clôture, imaginés par les élèves. «C’était tout un travail, mais le résultat est vraiment intéressant», lance la directrice Caroline Waszczuk.

Piste d’hébertisme sur la Rive-Sud de Québec

Photo Didier Debusschère

École Plein-Soleil, Lévis

Depuis le printemps 2018, les élèves de l’école Plein-Soleil, dans le secteur Saint-Étienne-de-Lauzon à Lévis, peuvent se dégourdir les jambes pendant la récréation grâce à une piste d’hébertisme située dans un petit boisé, qui fait partie de la cour d’école. On y retrouve même une tyrolienne. La directrice, Marie-Josée Roy, se réjouit que les enfants soient davantage en contact avec la nature. «On est plusieurs écoles à avoir un boisé autour de nous, mais on est souvent porté à interdire aux élèves d’y aller parce qu’on n’a pas des yeux partout. J’aime l’idée de les laisser jouer dans le bois tout en structurant les jeux», affirme-t-elle. Une piste d’hébertisme a aussi été récemment aménagée à l’école Clair-Soleil, dans l’arrondissement Charlesbourg à Québec.

Une «forêt nourricière» au centre-ville de Lévis

Photo Stevens LeBlanc

École Notre-Dame, Lévis

Au centre-ville de Lévis, une «forêt nourricière» a été aménagée cet été dans la cour de l’école Notre-Dame, grâce à une collaboration avec l’organisme Nature Québec. Dans cette petite zone de verdure, on retrouve des arbres fruitiers, comme des pommiers et des poiriers, de même que des fines herbes et des vivaces comestibles. Cet aménagement fait partie d’un vaste chantier de réaménagement qui vise à métamorphoser cette cour faite en grande partie d’asphalte et de clôtures métalliques. Dès l’été prochain, les élèves devraient pouvoir profiter de jardins communautaires, de murs d’escalade et de zones de verdure dans leur toute nouvelle cour, un projet d’envergure mené à bout de bras par l’équipe-école et son directeur, David Pelletier, appuyés par les parents et la communauté.

Jouer aux échecs en plein air

Photo Chantal Poirier

École internationale du Vieux-Longueuil

À l’école internationale du Vieux-Longueuil, les élèves qui prennent l’air dans la cour de récréation peuvent même... jouer aux échecs. Quatre tables avec des damiers intégrés à leur surface ont été installées dans la cour de l’école, un aménagement «très apprécié» par les élèves, indique la directrice, Isabelle Fortin. Les tables permettent aussi à ceux qui sont moins portés vers les sports de dessiner ou simplement de bavarder entre amis, ajoute-t-elle.

Il n’est pas toujours facile d’ajouter des espaces verts

Le modèle de cour d’école traditionnelle, fait d’un carré d’asphalte ceinturé d’une clôture métallique, est dépassé. Mais celui où règnent verdure et nature demeure un défi, surtout dans les petites cours où le gazon et les plantes résistent bien mal au piétinement quotidien de centaines d’élèves.

À l’école de l’Avenir, qui a ouvert ses portes en 2013 à Laval, la pelouse dans la nouvelle cour de récréation n’a pas résisté deux semaines.

À la Commission scolaire de Montréal (CSDM), on a carrément renoncé à verdir les cours d’école avec du gazon.

«Il y a trop de petits pieds qui le piétinent. Même les vivaces, on ne peut pas en mettre. Quand la plante commence à pousser au printemps, il suffit d’un coup de pied ou deux, et la plante abandonne», lance Éric Fleury, expert en architecture du paysage à la CSDM.

Arbres et arbustes protégés

Différents types de revêtement ont été testés au fil des ans, y compris un système de protection en plastique qui permet au gazon d’y pousser tout en protégeant davantage ses racines. Sans succès.

La solution trouvée jusqu’à maintenant est plutôt d’opter pour des arbres et des arbustes, tout en les protégeant par des clôtures de bois ou de béton afin de leur donner toutes les chances de pousser.

«On ne met plus d’arbres seuls en plein milieu de la cour, ces arbres-là ne sont pas heureux tout seuls dans leur asphalte. Maintenant, on fait des zones de plantations, ce sont des arbres qui vont pousser beaucoup mieux s’ils sont regroupés», explique M. Fleury.

Même si le verdissement de la cour d’école fait maintenant partie des recommandations du ministère de l’Éducation, l’asphalte demeure toutefois encore bien populaire dans le réseau scolaire, ajoute Josée Labelle, architecte paysagiste de la firme NIPpaysage, qui a réalisé plusieurs rénovations de cours d’école.

«Les écoles veulent beaucoup d’espace asphalté pour les jeux de ballons, ils veulent que les enfants bougent», dit-elle.

Les défis de l’entretien

Faire apparaître de la verdure dans une cour d’école n’est toutefois pas le seul défi auquel sont confrontées les commissions scolaires : une fois la cour rénovée, il faut aussi l’entretenir.

«Quand on avait des cours avec de l’asphalte et une clôture Frost, il n’y avait pas vraiment d’entretien. On attendait que tout ça soit fini pour les remplacer.»

«Maintenant, on a du bois à teindre, des végétaux à tailler, à désherber, parfois à remplacer. Si on veut que les cours d’école soient belles, il faut les entretenir.», indique Éric Fleury.

Même si les parents peuvent parfois y collaborer, il est difficile de ne compter que sur leur aide pour faire l’entretien d’une cour d’école, ajoute-t-il.

Le financement demeure «un enjeu important», puisqu’aucune somme n’est prévue par le ministère de l’Éducation pour faire cet entretien, ajoute la présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon.

«Ça ne peut pas être juste le concierge», lance-t-elle.