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La chute et la renaissance

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Comme tout homme ou toute femme qui plie sous une accumulation de coups à encaisser, Éric Caire a constaté les limites de sa carapace.

Le 26 mai 2018, la CAQ tenait le congrès le plus couru de son histoire à Lévis. L’enivrante odeur de la prise de pouvoir possible était perceptible. Alors que tous flottaient plus ou moins, le député de La Peltrie avait le teint grisâtre. À ceux de la faune politico-médiatique avec qui il avait tissé des liens au fil des ans, il ne faisait déjà pas de cachettes sur la période trouble qu’il traversait depuis quelques mois. Caire était là, debout parmi la foule agitée qui ne voulait pas rater le train du pouvoir, mais moralement, il rampait dans les tranchées, affaibli par les blessures.

Poids des épreuves

Et c’était avant qu’il ne fasse la manchette en pleine campagne électorale, pour un prêt contracté au maire de L’Ancienne-Lorette, qui exposait tout : séparation, problèmes financiers.

Comme d’autres ayant vu noir avant lui, il a courbé sous le poids d’un sac à dos rempli de briques qui se multipliaient. Mais en tenant bon dans la spirale, ces briques ont fini par servir de socle sur lequel se reconstruire.

Fiduciaire, notamment avec son ami François Bonnardel, de l’héritage adéquiste au sein de la CAQ, il a été salué à ce titre par François Legault dans son discours d’assermentation. C’était une première claque dans le dos, aux accents de nostalgie. Puis, l’accession au Conseil des ministres, l’ultime vote de confiance du chef, devenait ensuite l’officialisation d’un nouveau départ. D’un futur. Avec une mission importante, celle de veiller à une véritable numérisation des services aux citoyens, sans dérapage informatique.

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Oh, il a bien entendu les railleries des adversaires et des observateurs. Le shérif de la CAQ dans l’opposition, fort en gueule, qui faisait feu à la moindre occasion avec éclat, paraissait bien discret dans les premiers pas de ce gouvernement. Mais Caire s’en moque.

Mû par un nouveau mélange d’humilité et de détermination retrouvée, il rêve de mettre en place un système avant-gardiste, pour qu’au seul moyen de leur téléphone intelligent, les Québécois puissent s’identifier et conclure toutes leurs transactions avec les organismes publics...