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Actions pour le climat: premières arrestations en Australie et Nouvelle-Zélande

Actions pour le climat: premières arrestations en Australie et Nouvelle-Zélande
AFP

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Des dizaines de manifestants ont été arrêtés lundi en Nouvelle-Zélande et en Australie dès le début des quinze jours de désobéissance civile lancés par l’ONG Extinction Rebellion à travers la planète pour dénoncer l’inaction « criminelle » des gouvernements face au changement climatique.

Dans le centre de Sydney, des centaines de personnes qui participaient à un sit-in sur une route très fréquentée ont été délogés par la police, et trente d’entre eux ont été inculpés lundi.

À Brisbane, un petit groupe de militants se sont enfermés sur un pont avant d’être arrêtés par la police. Sept ont été inculpés.

À Wellington, capitale de la Nouvelle-Zélande, des manifestants se sont enchaînés à une voiture, entraînant des perturbations dans le centre-ville. Trente personnes ont été arrêtées mais aucune charge n’a été retenue à leur encontre.

Ces actions ont marqué le lancement, à l’appel d’Extinction Rebellion (XR), de deux semaines de mobilisation dans 60 villes dans le monde qui devraient rassembler des milliers de personnes.

Né en 2018 au Royaume-Uni, Extinction Rebellion, « XR », met en garde contre une imminente « apocalypse » environnementale.

Des milliers d’Australiens sont attendus cette semaine aux nombreux événements organisés à travers le pays, notamment la promulgation de la disparition des abeilles, un défilé nu et un cortège funèbre pour la planète.

« Nous avons essayé les pétitions, le lobbying et les manifestations, et maintenant le temps presse », a déclaré la militante australienne Jane Morton.

« Nous n’avons pas d’autre choix que de nous rebeller jusqu’à ce que notre gouvernement déclare une urgence climatique et écologique et prenne les mesures qui s’imposent pour nous sauver », a-t-elle ajouté.

Issu du Parti libéral (centre droit), le premier ministre australien Scott Morrison reconnaît la réalité du changement climatique, mais il défend l’idée que ce problème peut se gérer d’une façon qui ne pénalise pas le modèle économique de l’Australie, très dépendante de son industrie minière, en particulier du charbon.

Manifestations non violentes

Le mois dernier, Scott Morrison avait boudé le sommet spécial de l’ONU sur le climat parce qu’il n’avait pas été invité à prendre la parole faute de nouvelles annonces.

Les méthodes employées en Australie par Extinction Rebellion ont conduit de hauts responsables politiques australiens à réclamer la réduction des prestations sociales perçues par les manifestants, et à appeler à la délation.

« Les gens devraient prendre les noms et des photos de ces personnes et les distribuer aussi loin et aussi largement que possible afin de leur faire honte », a déclaré le ministre australien de l’Intérieur Peter Dutton à la radio la semaine dernière.

« XR » a appelé à des manifestations non violentes au cours des deux prochaines semaines, principalement en Europe, en Amérique du Nord et en Australie.

Des événements sont également prévus en Inde, à Buenos Aires et au Cap.

Une « cérémonie d’ouverture » a attiré dimanche soir des centaines de personnes dans le centre de Londres, où des manifestations devant des ministères sont prévues. Des sites clés, notamment les ponts de Westminster et de Lambeth devraient également être bloqués par les manifestants.

À Paris, des centaines de militants écologistes ont occupé samedi et dimanche, pendant 17 heures, un centre commercial. Pour cette opération, baptisée « Dernière occupation avant la fin du monde », des centaines de manifestants, membres notamment de XR, ont investi un centre commercial qui, avec ses 130 boutiques et restaurants dans le sud-est de Paris, est pour eux un « symbole du capitalisme ».

À New Delhi, l’une des villes les plus polluées au monde, des dizaines de manifestants ont organisé dimanche un « die-in » sur une route du centre-ville de la capitale.

Les mains couvertes de peinture rouge, ils brandissaient des pancartes sur lesquelles était écrit « Il n’y a pas de planète B ».