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Carnet de parc: pour vivre ses crises

Carnet de parc: pour vivre ses crises
Photo Agence QMI, Mario Beauregard

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L’auteure Véronique Grenier cherche à explorer avec son troisième recueil de poésie les nombreuses crises existentielles à traverser au cours d’une vie, dans l’espoir qu’il soit possible ensuite de les éprouver pleinement, sans fuite ni déni.

«J’aime bien l’idée de la crise comme une opportunité ou une occasion à saisir. Ce n’est pas juste quelque chose que l’on subit et dans laquelle on se complaît, mais bien quelque chose que l’on peut utiliser, dont on peut se servir», a expliqué Véronique Grenier, quelques jours avant la sortie de son nouveau recueil.

Après ses deux premiers livres intitulés Hiroshimoi (2016) et Chenous (2017), l’auteure revient cet automne avec un nouveau recueil de poésie intitulé Carnet de parc. Ce parc, c’est justement un lieu où il est possible de les vivre, ces crises, en dehors du quotidien et de sa mesure.

«C’est un grand fantasme que j’ai exprimé là-dedans, a poursuivi l’auteure. Avec une volonté que ce lieu-là existe pour vrai et que l’on puisse tranquillement aller vivre nos crises à l’extérieur du monde et s’éprouver. C’est comme un camp de vacances pour la crise existentielle.»

1000 vies

L’auteure décrit ces nombreux ébranlements comme autant de deuils que l’on aurait à vivre au cours d’une existence.

«On a peur de la mort en soi, mais cette affaire-là, ultimement, on ne la ressentira pas quand elle va arriver», a mentionné Véronique Grenier, également professeure de philosophie au collégial. «En revanche, dans nos vies, on en traverse beaucoup plus, de morts. Chaque moment de crise où on advient, où on devient quelqu’un d’autre, où on laisse quelqu’un, où quelqu’un décède dans notre entourage, ce sont des formes de mort qui sont pires que la mort en elle-même parce qu’on les ressent, on en vit la douleur.»

«Si les chats ont neuf vies, je pense que, nous, on en a probablement 1000», a lancé l’enseignante.

Néanmoins, il serait faux de réagir ici par un réflexe de refus ou de fuite, selon l’auteure. C’est bien le mouvement contraire qu’il serait souhaitable d’assumer.

«J’écris à un moment du livre: “je tombe/et ça me suffit”. C’est là, le moment où on arrive à être en équilibre, en fait. Le moment où on est dans la chute, où on arrive à laisser aller des choses. On ne sait pas où on va être, on ne sait pas où on va atterrir dans la vie après, mais c’est ça, justement, qui est correct.»

Le recueil de poésie Carnet de parc sera disponible en librairie à partir du mardi 8 octobre.