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Comme un soir de février 2008

En cette soirée du 19 février, 2008  Michael Ryder a inscrit deux buts dans la remontée historique du Canadien contre les Rangers.
Photo d'archives En cette soirée du 19 février, 2008 Michael Ryder a inscrit deux buts dans la remontée historique du Canadien contre les Rangers.

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Au fur et à mesure que le Canadien réduisait l’écart de trois buts, je n’ai pu m’empêcher de penser à cette soirée inoubliable du 19 février 2008.

J’imagine que plusieurs d’entre vous n’ont pas oublié.

Après cinq minutes de jeu à la deuxième période, le Canadien accusait un retard de 0-5. Les Rangers étaient dominants et le Tricolore vivait un véritable cauchemar.

C’était l’enfer.

Puis, soudainement, Michael Ryder marque deux buts en cinq minutes. Mais, encore là, le Canadien doit marquer trois buts pour combler le déficit.

Alex Kovalev, ah, ce bon vieux magicien, inscrit un but à 6 : 43 de la troisième période. Tiens, tiens, c’est 5 à 3. Non, non, ne quittez pas. Mark Streit, neuf secondes plus tard, porte la marque à 5 à 4. Puis, pendant une supériorité numérique, avec cinq minutes à faire à la troisième période, Kovalev marque. C’est l’égalité 5 à 5. C’est l’euphorie.

Koivu et Huet

On va finalement trancher le débat en tirs de barrage.

Qui avait marqué pour le Canadien? Saku Koivu.

Et qui était devant le filet quand Jaromir Jagr a tenté de sauver les meubles pour les Rangers? Cristobal Huet.

Wow.

Je reconnais que, samedi soir, la côte était moins abrupte. Le Canadien perdait 1-4 et il restait moins de 15 minutes au match. Et, avouons-le, ça n’allait pas du tout. Les Maple Leafs s’amusaient comme larrons en foire. Au point que leur arrogance devant une telle domination est devenue leur pire ennemi.

On doit toujours respecter son rival. Peu importe les circonstances. Qu’on soit supérieur à l’adversaire, c’est une chose. On le démontre par les performances et par les résultats. Mais, qu’on se permette de lever le nez, qu’on se croit tout permis, il y a une limite.

Surtout quand l’équipe que vous affrontez avait démontré beaucoup de caractère, la saison dernière, terminant en fait avec seulement quatre points de moins que les Leafs. A-t-on oublié également que le Canadien est reconnu à travers la ligue comme une formation vaillante, qui travaille sans relâche ? Il y a des soirs où ça ne fonctionnera pas. C’était le cas, samedi.

Le refus de perdre

Mais, un peu comme le joueur de tennis qui tire de l’arrière par 0-5 dans une manche, mais qui refuse de céder et qui se dit, c’est pas vrai que tu vas me battre à zéro, le Canadien a répondu rapidement au but de William Nylander, but qui donnait une priorité de 4 à 1 aux Leafs.

La réplique n’a pas tardé : 11 secondes plus tard, c’était 4 à 2. Un but chanceux, direz-vous, la rondelle lancée par Jonathan Drouin, bifurquant sur le patin de Morgan Rielly.

Les Leafs auraient dû se méfier.

Mais, ils ont plutôt cru que le match était dans la poche. Pas de problème.

Derrière le banc, Mike Babcock n’a pas réagi aux changements que Claude Julien multipliait. L’entraineur du Canadien a brassé le pommier. Il a modifié ses lignes d’attaque, il n’a pas hésité à se tourner du côté de ses meilleurs effectifs. Il a réuni Jonathan Drouin et Max Domi. Le trio de Phillip Danault a harcelé la défensive plutôt suspecte des Leafs.

Jeff Petry, le meilleur défenseur de l’équipe, a transporté la rondelle dans le territoire adverse et, l’entraineur réalisant que son équipe avait retrouvé toute l’énergie qui la caractérise, a utilisé seulement quatre défenseurs. Et, Carey Price, même s’il a accordé cinq buts, a été spectaculaire.

L’effet de cette victoire

Cette victoire peut-elle avoir un impact sur le reste de la saison? Je l’ignore. Il s’agit d’un long marathon.

N’allez pas croire pour autant que l’entraineur était ravi au plus haut point. Il a apprécié le retour en force de ses équipiers, il a également joué les bonnes cartes. Par contre, Claude Julien n’ignore pas que, pendant les 45 premières minutes de jeu, les Leafs ont exercé une nette domination. Ce n’était pas joli. Julien s’est dit satisfait du résultat, mais il n’est pas allé plus loin.

Et on le comprend.

Il s’agissait du deuxième match pour Nick Suzuki et Cale Fleury et cette fois-ci, l’audition n’était pas aussi convaincante que les autres.

Au fait, en terminant, quelle position occupait le Canadien à la fin de la saison 2007-2008? Le premier rang de sa division, avec 47 victoires et 104 points. Je pensais que ça pourrait ajouter au jeu des comparaisons.

Et les séries éliminatoires? Victoire en sept matchs contre les Bruins au premier tour. Éliminé par les Flyers de Philadelphie en cinq matchs lors du deuxième tour des séries.