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Impact: une saison décevante

On peut prévoir beaucoup de changements pendant l’entre-saison

Impact de Montréal
Photo Pierre-Paul Poulin L’entraîneur Wilmer Cabrera et Bacary Sagna en grande conversation lors d’un entraînement en fin de saison.

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La saison 2019 de l’Impact est désormais derrière nous, et les joueurs feront leur bilan ce matin, au Centre Nutrilait. Mais de tous ceux qui rencontreront les médias, combien seront de retour l’an prochain ?

L’Impact a certainement vécu l’une des saisons les plus frustrantes de la portion MLS de son histoire, ratant les séries pour une troisième année de suite. Il y a bien eu 2014, mais lors de cette saison-là, on a vite compris que ça irait mal, il n’y a pas eu de mirage au début.

Cette année, les amateurs n’ont pas eu grand-chose à se mettre sous la dent à part, justement, la conquête du Championnat canadien sur le terrain du Toronto FC, le mois dernier.

Sinon, l’équipe a connu une si mauvaise deuxième moitié de saison qu’on a vite oublié le début de l’année qui était pourtant très prometteur.

Effondrement

Après un départ plus que respectable au cours duquel l’équipe s’est façonné une fiche de 6-4-2 malgré une majorité de rencontres à l’étranger et l’absence de Nacho Piatti, l’équipe s’est mise à piquer du nez.

Le Bleu-blanc-noir a chuté, passant de la 2e place dans l’Est à la fin du mois de juin à la 9e position au terme de la saison régulière. Après ce bon départ, l’Impact a présenté un dossier de 6-13-3. Il ne faut pas chercher bien loin pour savoir où les choses se sont gâtées.

Oui il y a eu Piatti qui a raté les deux tiers de la saison, mais il y a plus que ça. Il y a d’abord cette unité défensive qui devait être la force de l’équipe et qui a finalement accordé 60 buts, un nouveau record d’équipe en MLS et le quatrième pire dossier du circuit en la matière en 2019.

Déceptions

On peut aussi parler des autres déceptions. La première, Evan Bush qui n’a pas été l’ombre de lui-même et qui a souffert d’un manque d’appui.

Bush venait de connaître la meilleure saison de sa carrière en 2018, ce qui lui a valu un contrat qui va le rendre millionnaire. Il a cependant régressé cette année alors qu’il a vu Rémy Vercoutre succéder à Joël Bats comme entraîneur des gardiens, que ce soit une coïncidence ou pas.

Après une saison record de 132 arrêts, Bush n’en a réalisé que 84 cette année, voyant son nombre de jeux blancs passer de dix à sept et son nombre de victoires décliner de 14 à 11.

Au chapitre des déceptions, il faut aussi parler du manque d’attaque.

Maxi Urruti (4) et Anthony Jackson-Hamel (3) n’ont fourni que sept buts, ce qui n’est vraiment pas suffisant. Il faut toutefois préciser que le second a raté plusieurs matchs en fin de saison en raison d’une blessure.

Départs

C’est désormais une tradition chez l’Impact, il y a eu du drame encore cette année.

Le plus important est évidemment survenu à la fin août quand Rémi Garde a été congédié après moins de deux ans en poste.

Le courant ne passait plus avec les joueurs, mais l’entraîneur français se retrouvait coincé à jouer un style hermétique puisqu’il n’avait pas de puissance en attaque, un peu comme si l’Impact s’était payé une Ferrari sans y installer des pneus de qualité.

On passera sur le départ de Harry Novillo, un vrai cancer dans le vestiaire, mais parlons de celui de Zakaria Diallo qui a choisi de rentrer en France en plein milieu de saison parce qu’il ne voulait pas attendre qu’on lui offre un contrat, forçant l’Impact à faire appel à Rod Fanni qui n’avait pas joué depuis près d’un an.

Autre départ significatif, celui de Nick De Santis qui ne voyait plus d’avenir au sein du club qu’il portait au fond de son cœur.

Changements

Avec l’embauche récente d’Olivier Renard au poste de directeur sportif, il faut s’attendre à ce que les changements soient nombreux d’ici le début de la prochaine saison.

Le dossier de Nacho Piatti, pour qui le club détient une option pour 2020, est une priorité, mais l’Argentin risque de devoir accepter une baisse de salaire s’il veut revenir à Montréal pour participer à la Ligue des champions.

Daniel Lovitz n’était pas de la formation des 18 joueurs lors du dernier match de la saison, ce qui soulève des doutes. Il n’a pas de contrat pour la prochaine campagne.

Renard va devoir aussi tenter de retenir les services de jeunes joueurs en prêt, notamment Zachary Brault-Guillard et Orji Okwonkwo alors que Ballou Tabla a été invisible.

Il va aussi devoir statuer sur le sort de vétérans comme Bacary Sagna et Rod Fanni qui pourraient s’avérer utiles pour la Ligue des champions.

Une chose est sûre, le nouveau directeur sportif va devoir faire du ménage dans la masse salariale parce que l’argent a été mal dépensé au cours des deux dernières années, ce qui affecte la profondeur de l’équipe. Et une formation sans profondeur en MLS, ça ne peut pas fonctionner.

Dix moments marquants

Un pas de côté pour Saputo

Président de l’Impact depuis toujours, le propriétaire Joey Saputo décide de prendre un pas de côté à la mi-janvier et nomme Kevin Gilmore à ce poste-clé. En Gilmore, il trouve un expert du sport qui a travaillé chez le Canadien, les Ducks d’Anaheim, les Kings de Los Angeles et les Angels de Los Angeles. Pas de doute, le club compte sur un chef chevronné. Dès son arrivée, Gilmore insiste sur l’importance de se comporter comme une équipe qui évolue dans un gros marché et d’avoir des aspirations en conséquence.


Piatti tombe au combat

La saison de l’Impact prend un dur coup dès le troisième match de la saison quand Nacho Piatti se blesse au genou à la suite d’un tacle extrêmement douteux de Ruan de l’Orlando City SC, un geste qui ne sera même pas sanctionné. C’est le début d’une saison extrêmement frustrante pour Piatti qui rate 10 des 20 matchs suivants. Il revient ensuite pour trois rencontres pour rater les quatre suivantes en raison d’une blessure à l’adducteur. Au total, il dispute 11 matchs et récolte 3 buts et 1 passe. Lors du dernier match de l’équipe, dimanche, il est porté en triomphe par ses coéquipiers dans ce qui ressemble tristement à des adieux.


Passeport pour une raclée

Le quatrième match de la saison est marqué par une étrange saga qui implique Harry Novillo. Celui en qui on fondait certains espoirs ne fait pas le voyage à Kansas City parce qu’il a égaré son passeport. Sans le Français et Nacho Piatti, l’Impact subit une gênante raclée de 7 à 1 contre le Sporting. Étrangement, ça ne déstabilise pas l’équipe qui se façonne une fiche de 4-2-2 lors des huit rencontres suivantes, dont cinq d’entre elles sont disputées à l’étranger. D’ailleurs, le Bleu-blanc-noir connaît un début de saison étonnant considérant le volume de matchs à l’étranger et l’absence de Nacho Piatti. Quant à Novillo, il part dans la disgrâce après moult déceptions et beaucoup de promesses remplies quand l’Impact résilie son contrat à la mi-juillet.


Un revers qui fait mal

C’est à la fin de la séquence dont on parlait précédemment que les choses commencent à se gâter pour l’Impact. Après une victoire surprenante de 2 à 1 contre les Red Bulls à New York, une première en saison régulière dans l’histoire de l’équipe, l’Impact s’en va à Cincinnati où il perd 2 à 1 contre une équipe d’expansion en pleine déroute qui vient de congédier son entraîneur et qui est dirigée par un entraîneur par intérim. On ne le sait pas encore, mais c’est là que débute réellement la descente aux enfers de l’équipe qui avait remporté 6 de ses 11 premiers matchs et qui n’en gagnera que six autres lors des 21 rencontres suivantes. C’est aussi là que semble craquer le vernis de Rémi Garde pour la première fois.


Pour qui tu te prends ?

Le train déraille le 20 juillet lors d’un match à Columbus. L’Impact tire alors de l’arrière 2 à 1 contre le Crew et tente de créer l’égalité en fin de match, quand Rémi Garde pète un plomb à l’endroit du milieu de terrain Omar Browne, qui manque un peu d’écoute sur les consignes. « Pour qui tu te prends, Omar ? », lance alors Garde à l’endroit du Panaméen à plus d’une reprise. Garde est visiblement furieux et pour une rare fois, il tient un point de presse très court et tendu après le match. Le vernis de Garde continue de craquer et Browne finit par retourner au Panama au début août.


Bojan arrive

Tout juste avant la fermeture de la fenêtre de transfert, l’Impact réalise un coup très intéressant en annonçant la signature de l’Espagnol Bojan Krkic, un milieu offensif de 29 ans qui signe une entente valide jusqu’à la fin de 2020 et qui est assortie de deux années d’option. Bojan est un ancien espoir très en vue du FC Barcelone qui a déjà gagné la Ligue des champions avec le club catalan, mais qui a eu du mal à s’établir. En huit matchs, il inscrit trois buts, ce qui donne espoir pour la saison prochaine.


Changement de Garde, De Santis part

Un mois après l’incident Browne, Kevin Gilmore montre la porte à Rémi Garde le 21 août. C’est évidemment une bombe, et en creusant un peu, on découvre que l’entraîneur et ses joueurs n’étaient plus au diapason depuis un moment. Si le renvoi de Garde après moins de deux ans n’est pas nécessairement étonnant, c’est le moment où il survient qui surprend. La décision tombe seulement trois jours avant une séquence de trois matchs en huit jours, ce qui fait en sorte que le remplaçant de Garde, Wilmer Cabrera, n’a pas le temps de prendre son équipe en main. On pourra d’ailleurs mettre en doute la décision d’embaucher Cabrera, un entraîneur moyen qui venait à peine d’être renvoyé par le Dynamo de Houston. Le départ de Garde est rapidement suivi par celui de Nick De Santis qui était au club depuis près de deux décennies et qui ne voyait plus d’issue quand il a compris qu’il ne serait pas le prochain directeur sportif.


Champion !

À la fin d’une saison très décevante, les joueurs de l’Impact peuvent enfin célébrer alors qu’ils remportent la première coupe des Voyageurs en cinq ans sur le terrain du Toronto FC à la fin du mois de septembre. Ce triomphe en Championnat canadien est accueilli comme un baume pour le club et ses partisans et lui ouvre les portes de la Ligue des champions, une première depuis le parcours étonnant du printemps 2015.


Un fin Renard

Moins d’une semaine avant le dernier match de la saison, l’Impact procède enfin à l’embauche d’un directeur sportif. Le choix s’arrête sur le Belge Olivier Renard, un jeune DS de 40 ans qui s’est forgé une belle feuille de route en Belgique avec, entre autres, le Standard de Liège, l’un des clubs les plus prestigieux de la patrie de Jacques Brel et de Laurent Ciman. Renard prévient qu’il ne possède pas de baguette magique et qu’il lui faudra du temps afin de renverser la vapeur même s’il y a tout de même une urgence d’agir avec la Ligue des champions en 2020.