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Le chef du SPVM «très préoccupé» par le rapport accablant

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Le SPVM a dévoilé lundi un rapport très attendu sur les interventions de ses policiers à l'égard de citoyens, notamment de la communauté noire.  

On y apprend notamment qu'une personne noire a 4,2 fois plus de chances d’être interpellée par le SPVM que les personnes blanches. Une personne autochtone a 4,6 fois plus de chances d’être interpellée que les personnes blanches.  

Les interpellations des personnes arabes et noires sont disproportionnées, autant en tenant compte de leur poids démographique dans la population de Montréal qu’en considérant leur contribution relative aux infractions municipales.  

«D’entrée de jeu, j’accepte avec humilité l’ensemble des constats de ce rapport et que je m’engage à poser des actions concrètes», a affirmé Sylvain Caron, chef du SPVM.  

«Je suis très préoccupé et je comprends que la population soit très préoccupée», a ajouté le directeur Caron.  

Le chef du SPVM a affirmé que l’organisation travaillait à la mise en place d’une politique sur les interpellations qui sera effective dès mars 2020.  

Le but est ainsi de pouvoir «baliser les pratiques en conciliant les besoins opérationnels et les préoccupations des citoyens», a-t-il affirmé.  

Le rapport a été réalisé par des chercheurs indépendants qui auraient examiné diverses données en lien avec des arrestations. M. Caron a assuré que son équipe et lui allaient travailler en collaboration avec les chercheurs pour la suite des choses.  

Le SPVM s’engage également à faire des sondages sur le travail des policiers avec les communautés culturelles dès mai 2020.  

Action collective  

La Ligue des Noirs du Québec a obtenu le feu vert de la Cour supérieure du Québec pour aller de l’avant avec une action collective contre le Service de police de la Ville de Montréal pour profilage racial. Le recours représenterait 4 millions de dollars et concerne quelque 500 victimes alléguées.   

La personne désignée au dossier, Alexandre Lamontagne, avait été arrêtée en août 2017, en pleine nuit, dans le Vieux-Montréal, au terme d’un échange avec des policiers qui avait dégénéré.  

Il avait été accusé, notamment pour entrave au travail des policiers et voies de fait, avant que les accusations soient retirées un an plus tard.  

La Ligue des noirs demande des excuses publiques au SPVM. «Je rêve du jour où les gouvernements auront le courage de s’excuser et de demander pardon à la communauté noire pour les abus commis par leurs policiers», affirme Gabriel Bazin vice-président, Ligue des Noirs du Québec.  

La mairesse de Montréal doit également réagir plus tard en journée.