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L’étalement masculin

L’étalement masculin
Photo Agence QMI, Joêl Lemay

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Regardez bien la photo des quatre chefs de partis lors du débat en français mercredi dernier.

Les quatre hommes ont tous les jambes plus ou moins écartées. Comme s’ils s’apprêtaient à mettre de l’avant leur plus précieux attribut. Ou à marquer leur autorité escomptée.

C’est Yves-François Blanchet qui les écartille le plus. Pour compenser sans doute le fait qu’il ne sera jamais le premier ministre du Canada et peut-être parce que le plus petit de taille, il doit s’imposer.

Le second est Justin Trudeau. Le matin même du jour du débat il a pratiqué la boxe, photos à l’appui, exposant son corps musclé et son tatouage d’inspiration autochtone, illustrant ainsi les deux piliers de sa politique : les apparences et la bien-pensance multiculturelle.

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Trudeau et Blanchet posent leurs mains devant eux à une hauteur convenable qui en certaines circonstances permet de retirer la ceinture et en d’autres de contrôler la nervosité.

Puissance

Le troisième en écartement est Jagmeet Singh à qui la carrure et le turban ajoutent de la puissance. Quant à sa barbe sévère, elle impose le respect ou la peur. S’il possède le gabarit pour gouverner, son turban malgré tout pose problème.

Quant à Andrew Scheer il n’a pas besoin d’écarter vraiment les jambes puisqu’avec sa taille de six pieds cinq pouces, il dépasse tous ses adversaires. Les bras ballants le long du corps, il semble en attente d’un résultat qui changerait sa trajectoire actuelle de chef de l’opposition.

L’étalement masculin (manspreading) est une expression des féministes décrivant l’homme dans l’espace public. Et cet écartement est encore plus marquant quand l’homme est assis. Symboliquement, il prend toute la place. Or les femmes debout n’écartent pas les jambes et surtout elles les croisent une fois assises. Cela démontrerait que face au pouvoir les hommes s’étalent et les femmes se tassent.

Sans rire !