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Un proxénète sans scrupule écope de 8 ans de pénitencier

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Un violent proxénète montréalais qui a fait vivre près de huit ans d’enfer à ses deux victimes, allant même jusqu’à tatouer son surnom sur l’une d’elles, passera un temps équivalent derrière les barreaux, a tranché la justice lundi.

« Pour l’une des victimes, la violence était omniprésente : elle était constamment battue, elle a été brûlée avec des cigarettes, elle s’est fait pointer un pistolet sur la tête... », a énuméré le juge André Perreault en condamnant Josué Jean à huit ans de pénitencier, au palais de justice de Montréal.

Impassible dans le box des accusés, l’individu de 42 ans n’a pas bronché quand il s’est fait rappeler l’ampleur de la violence physique et psychologique qu’il imposait à ses victimes forcées de se prostituer. Jean, qui gardait presque tout l’argent, empochait des milliers de dollars par semaine.

« Il a profité de leur vulnérabilité, il les a manipulées », n’a pas hésité à dire le magistrat.

Victimes

La première victime, dont l’identité est protégée par la cour, a subi les foudres de Jean de 2002 à 2006. La jeune femme, qui n’avait au départ que 18 ans, croyait qu’en dansant nue, Jean et elle pourraient investir dans l’immobilier.

« Sa vie a été bouleversée, elle se sent sale, elle vit de la honte, de la tristesse et de la colère, même si c’est une combattante », a noté le juge Perreault.

La deuxième victime est quant à elle tombée dans les griffes du proxénète en 2006, jusqu’en 2009.

« Elle est démolie intérieurement, elle vit dans la peur des menaces [du proxénète], elle se rappelle encore la senteur des crachats [de Jean] sur son visage », a rappelé le magistrat en notant le contrôle « quasi total » de l’accusé sur ses victimes.

Mais même si la sentence ne pourra leur rendre ces années sous le joug du pimp, le juge leur a rappelé qu’elles avaient « mérité d’au moins pouvoir tourner la page ».

Stéréotypes

« Les gens ont besoin d’intervenantes comme vous », a-t-il lancé à la première victime, qui est depuis devenue intervenante sociale.

Quant à la seconde victime, il lui a rappelé qu’elle était en droit de refaire sa vie et qu’elle est « assez forte pour réaliser que le meilleur est à venir ».

Le juge Perreault a d’ailleurs rappelé qu’il était temps que la société mette fin aux stéréotypes concernant les victimes de proxénètes qui ont déjà été travailleuses du sexe par le passé.

« [Ces personnes] méritent d’être considérées comme des victimes [...] et non des prostituées », a-t-il lancé.

Le procureur de la Couronne Bruno Ménard a abondé dans le même sens, déplorant entre autres que certaines personnes s’attardent encore au passé sexuel des victimes de proxénètes.

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