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Trump et sa dulcinée coréenne

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Photo AFP La Corée du Nord de Kim Jong-un demande aux États-Unis de revoir ses demandes sur le nucléaire.

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Samedi, le gouvernement nord-coréen a rompu les négociations avec les États-Unis. Il exige que le gouvernement américain change ses demandes pour revenir à la table. Dans un incroyable renversement de situation, l’État voyou se sent désormais en position de force face aux États-Unis.

Il faut être incroyablement naïf pour s’imaginer que la Corée du Nord va détruire son arsenal atomique. Non seulement elle ne le détruira pas, mais elle continuera à le renforcer. Les spécialistes de la Corée du Nord sont quasi unanimes là-dessus.

Mais qu’importe, Donald Trump persiste et signe. Il a confiance en Kim Jong-un. Même si les exigences de sa dulcinée nord-coréenne augmentent sans cesse.

Des progrès rapides

Pourtant, le gouvernement nord-coréen a testé ces derniers jours un missile mer-air à charge nucléaire.

Même si le missile a été tiré à partir d’une plateforme sous-marine, ce test témoigne des progrès gigantesques de la Corée du Nord.

Il faut rappeler que le gouvernement nord-coréen n’a probablement plus besoin de tester ses bombes nucléaires avec des explosions de taille réelle pour les perfectionner. Les simulations par ordinateur et les micro-explosions en laboratoire devraient suffire à la tâche.

L’Europe et l’Amérique sont donc de plus en plus menacées par l’armement nucléaire coréen.

On comprend que la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne aient demandé une réunion d’urgence à huis clos du Conseil de sécurité.

Mais à quoi bon ? Ni la Chine ni la Russie ne vont s’émouvoir de la vulnérabilité nouvelle de l’Europe et des États-Unis.

La Corée du Nord, qui possède un long historique de maître chanteur, va augmenter ses demandes face aux États-Unis et à l’Europe.

Un échec qui porte plusieurs noms

Cet échec des négociations porte plusieurs noms : Georges W. Bush, Barak Obama et Donald Trump.

Georges W. Bush pour ne pas avoir agi plus fermement après le premier essai nucléaire en 2006.

Barak Obama pour avoir mené une politique idéaliste envers la Corée du Nord.

Donald Trump pour avoir tenté de rabaisser à un niveau de relations personnelles le problème nord-coréen.

La guerre de Corée s’est terminée par un match nul entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, ou si l’on préfère entre la Chine et les États-Unis.

À l’évidence, certains rêvent toujours d’un match de revanche.

La Chine gagne

Parmi les insatisfaits, la Chine. Non pas que le gouvernement chinois va risquer une guerre ouverte avec les États-Unis. Une telle guerre serait trop dommageable pour tous. Mais le gouvernement chinois profite de l’affaiblissement et du retrait et des États-Unis pour s’immiscer plus en profondeur un peu partout : en Iran, en Grèce, au Venezuela, etc.

Et la Chine protège la Corée du Nord, un régime qui ressemble de plus en plus au sien.

Pourquoi les États-Unis se sont-ils autant affaiblis ? Plusieurs facteurs y ont contribué. Mentionnons parmi eux la chute de l’URSS qui a privé le camp démocratique d’un ennemi commun bien défini.

Les croyances ultralibérales qui ont diminué le rôle de l’État et aggravé les inégalités. Les guerres idiotes au Proche et au Moyen-Orient qui ont coûté cher et qui ont détourné l’attention de ce qui se tramait en Chine.