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Afghanistan: le chef d’Al-Qaïda dans le sous-continent indien tué dans un raid

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Le chef d’Al-Qaïda dans le sous-continent indien, Asim Umar, a été tué dans une attaque des forces afghanes et américaines dans le sud de l’Afghanistan fin septembre, ont annoncé les services de renseignement afghans (NDS) mardi, tandis que les talibans démentaient.  

« Le NDS peut confirmer la mort d’Asim Umar, chef d’Al-Qaïda dans le sous-continent indien (Aqsi) dans un raid conjoint américano-afghan contre une base de talibans », selon un tweet du NDS.  

Les talibans ont démenti la mort d’Umar, qualifiant l’information de « propagande fabriquée par l’ennemi » afin de dissimuler la frappe d’une cérémonie de mariage qui « n’a provoqué que d’importantes pertes civiles ». 

« Des dizaines de civils afghans ordinaires, dont ceux qui participaient à une cérémonie de mariage », ont été tués et blessés, ont indiqué les talibans, selon un communiqué en anglais de SITE, qui surveille l’activité des jihadistes dans le monde entier. 

Le ministère de la Défense afghan avait fait état le 23 septembre d’un raid à Musa Qala (Sud) contre « un repaire utilisé par les talibans et des terroristes étrangers appartenant à Al-Qaïda ». 

Le raid visait un « groupe terroriste étranger impliqué dans la préparation d’attaques terroristes », et avait permis de détruire un entrepôt d’équipement destiné à ces attaques.  

Les autorités locales avaient affirmé que l’opération, incluant des frappes aériennes, avait aussi fait des pertes civiles en tuant des femmes et enfants se rendant à un mariage. 

D’après le NDS, le raid a tué un citoyen pakistanais et « six autres membres d’Aqsi », dont un dénommé Raihan, servant de courrier pour le chef d’Al-Qaïda, Ayman Al-Zawahiri.  

La province du Helmand, où se trouve Musa Qala, est en grande partie contrôlée par les talibans. La mort d’Asim Umar illustre la proximité persistante entre Al-Qaïda et les talibans.  

Ces derniers menaient depuis un an des pourparlers avec les États-Unis sur un retrait des troupes américaines. En échange, ils se seraient notamment engagés à ne pas autoriser la présence de groupes terroristes sur leur territoire.  

Le projet d’accord, - suspendu par Donald Trump à la fin septembre après un attentat ayant tué un soldat américain-, avait été vivement critiqué par d’anciens diplomates américains doutant de la volonté des talibans à honorer leurs engagements.  

Les talibans ont été chassés du pouvoir en 2001, après les attentats du 11 septembre, par les forces américaines et afghanes de l’Alliance du nord après avoir refusé de livrer Oussama ben Laden et les membres de son organisation, basés dans le pays. 

Aqsi est la branche d’Al-Qaïda qui en couvre le berceau historique de l’Afghanistan et du Pakistan, ainsi que l’Inde, le Bangladesh et la Birmanie.  

Asim Umar était à la tête d’Aqsi depuis 2014, lorsque le successeur d’Oussama Ben Laden, l’Égyptien Ayman al-Zawahiri, avait dévoilé son existence. Asim Umar était réputé être basé au Pakistan, et serait né en Inde, selon le Trésor américain. 

Aqsi a pour vocation de porter le jihad au coeur du sous-continent indien et jusque dans les pays d’Asie du sud comptant des minorités musulmanes. 

On connaît peu de choses d’Asim Umar, si ce n’est ses prêches en ligne, son appel à un « réveil islamique » et ses publications.