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Émotions contradictoires

Si « Nacho » Piatti doit partir, je me souviendrai de lui comme un joueur qui suscitait l’enthousiasme.
Photo d’archives Si « Nacho » Piatti doit partir, je me souviendrai de lui comme un joueur qui suscitait l’enthousiasme.

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Une victoire, c’est toujours bon. Celle acquise dimanche par l’Impact est bonne pour l’esprit et l’atmosphère dans un club. Mais malheureusement, elle n’annonce pas nécessairement de meilleurs jours pour les Montréalais.

D’abord, au classement général, l’Impact termine la saison 2019 au 18e rang. Seulement six équipes ont fait pire dans la MLS, rien pour susciter l’enthousiasme.

Ensuite, il est fort probable que les partisans ont vu le dernier match de « Nacho » Piatti dans l’uniforme montréalais. Est-ce que le rideau est tombé sur le chapitre québécois de l’Argentin ? Personne ne le sait vraiment, mais tous les signes pointent dans cette direction.

Bref, les partisans ont vécu dimanche des émotions contradictoires avec, à la fois, la victoire de leur équipe et le dernier match de leur joueur préféré.

Peut-être reste-t-il un peu d’espoir dans le dossier Piatti. Même s’il revenait la saison prochaine avec un rôle moins important, je crois que l’Impact doit faire tout en son pouvoir pour le garder en bleu-blanc-noir.

Quand une tempête – de changements – s’apprête à frapper le navire, tu ne te débarrasses pas de ton capitaine, au risque de perdre la direction ou au pire, de couler...

Le meilleur des meilleurs

Dans l’histoire de l’Impact, nous avons eu le privilège de voir passer de très bons joueurs. Marco Di Vaio est l’un de ceux-là. Le public montréalais a aussi eu la possibilité d’encourager des légendes du soccer mondial comme Didier Drogba et Alessandro Nesta.

En somme, les carrières de ces derniers ont probablement été, dans le grand ordre des choses, meilleures que celle de Piatti. Mais c’est probablement le passage du magicien argentin qui aura plus marqué les esprits. Dans la métropole québécoise, il ne sera pas oublié de sitôt.

En ce sens, je suis persuadé qu’une majorité de partisans souhaitent que ça continue. Parce qu’en plus d’être une légende de l’Impact, Piatti fait assurément partie des meilleurs joueurs offensifs de l’histoire de la MLS. Ça, les partisans montréalais peuvent le dire et le redire ad nauseam.

Non seulement Piatti offre-t-il du spectacle grâce à son style de jeu, grâce à son talent, mais il est aussi en mesure de porter une équipe sur ses épaules. C’est ce qu’il a fait d’ailleurs avec l’Impact ces dernières saisons, sans que l’état-major soit en mesure de l’entourer convenablement.

Son style

Piatti n’est peut-être pas la plus « moderne » des stars du soccer mondial. Parce que par moments, il est souvent à la traîne d’un point de vue défensif. Mais clairement, il n’est pas payé pour récupérer des ballons. Son salaire, il le gagne avec les extraordinaires fulgurances qu’il nous offre et ces buts qu’il crée lui-même de toutes pièces.

En ce sens, son style a obligé l’Impact à s’affirmer au fil du temps comme une équipe de contre-attaque. Un phénomène qui s’explique surtout par le fait que Piatti est un des meilleurs dribleurs de la MLS et probablement un des meilleurs pour conduire le ballon sur le terrain.

Cette force, cette capacité à « briser les chevilles » des adversaires pourrait cruellement faire défaut à l’Impact l’an prochain s’il ne revient pas. En fait, on ne remplace jamais un joueur comme Piatti. On prend seulement une nouvelle direction, une nouvelle identité au gré des joueurs qui pourraient lui succéder.

Si « Nacho » doit partir, je me souviendrai de lui comme un joueur qui suscitait l’enthousiasme. Quand les partisans se rendaient au stade Saputo ces dernières années, c’était assurément pour voir jouer le numéro 10.

Jusqu’ici, le magicien argentin nous a offert de beaux souvenirs qui nous gardent – un peu – au chaud dans ces entre-saisons sans séries éliminatoires. Mais sans vouloir être trop gourmand, je pense qu’on en prendrait tous encore un peu plus...

À l’assaut du pays

Ne me cherchez pas dans les environs montréalais cette semaine, je serai à l’Île-du-Prince-Édouard pour les championnats canadiens. J’y passe la semaine avec mon équipe de Lakeshore, les filles U-17 AAA.

Notre objectif : le titre national. Peut-être pourrons-nous nous inspirer du parcours de l’Impact il y a de ça quelques semaines ? C’est ce que je nous souhaite.