/misc
Navigation

Fronde conservatrice contre Donald Trump dans le dossier syrien?

Fronde conservatrice contre Donald Trump dans le dossier syrien?
AFP

Coup d'oeil sur cet article

Si on pouvait s'attendre à des critiques sévères des opposants démocrates ou de ceux et celles qui, comme Susan Rice (elle livre ici un témoignage éclairant), ont servi sous Obama, je ne croyais pas qu'autant de partisans du président manifesteraient ouvertement leur désaccord face au retrait des troupes du nord de la Syrie.  

Alors qu'on souligne de plus en plus l'emprise de Donald Trump sur son parti (du moins en politique intérieure), de très nombreuses voix se font entendre pour exercer des pressions. Même l'ancien secrétaire d'État Colin Powell s'est manifesté! Pour une rare fois nous pourrions presque parler d'une opposition bipartisane. En cette ère de polarisation, c'est un exploit!   

Je m'abstiens ici de développer sur l'opinion des dirigeants militaires qui reprochent au président son impulsivité, son manque de connaissances et ses sources d'information. Les généraux sont habituellement tenus de servir les élus et rarement on les entend critiquer aussi ouvertement les décisions de l'exécutif.   

Parmi les critiques de la décision de Trump, on retrouve des noms qui figurent habituellement sur la liste de ses principaux alliés: Mitch McConnell, Lindsey Graham, Nikki Haley et Liz Cheney ne sont que quelques-unes des figures influentes chez les Républicains qui prêchent pour une révision de la décision.   

Il n'y a pas que le nombre d'élus qui impressionne, le discours aussi. Les mots utilisés sont forts et on évoque rien de moins qu'une trahison. Lindsey Graham a même comparé le geste à la stratégie de l'administration Obama:   

“No matter what President Trump is saying about his decision, it is EXACTLY what President Obama did in Iraq with even more disastrous consequences for our national security,” Graham tweeted. “Unlike President Obama, I hope President Trump will reassess and take sound military advice.”   

Jusqu'à maintenant Donald Trump est demeuré inébranlable, ajoutant même que si la Turquie allait à l'encontre des intérêts américains après le retrait des troupes (invasion du nord de la Syrie), il n'hésiterait pas à détruire l'économie turque. Comment saurait-on que la Turquie a dépassé les bornes? Le président s'en remettrait alors à sa grande sagesse s'il faut en croire le contenu de ce gazouillis:   

“As I have stated strongly before, and just to reiterate, if Turkey does anything that I, in my great and unmatched wisdom, consider to be off limits, I will totally destroy and obliterate the Economy of Turkey (I’ve done before!)”   

La suite bientôt!