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L’adjoint Therrien

L’ancien entraîneur du Canadien découvrira une autre facette du métier avec les Flyers

À l’entraînement des Flyers, le pilote  Alain Vigneault échange avec ses adjoints Ian Laperrière et Michel Therrien.
Photo Martin Chevalier À l’entraînement des Flyers, le pilote Alain Vigneault échange avec ses adjoints Ian Laperrière et Michel Therrien.

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PHILADELPHIE | Michel Therrien a retrouvé une place derrière un banc de la LNH, mais dans un rôle d’adjoint. Un poste qu’il n’avait pas occupé depuis ses jours avec Bob Hartley et le Titan de Laval, en 1992-1993.

Après l’ouverture de la saison à Prague, en République tchèque, une victoire de 4 à 3 contre les Blackhawks de Chicago, les Flyers feront leur entrée au Wells Fargo Center, ce soir, contre les Devils du New Jersey.

Il y aura trois nouvelles têtes derrière le banc des Flyers. Trois anciennes têtes dirigeantes dans la LNH. Alain Vigneault dirigera la barque avec Therrien et Mike Yeo à ses côtés. Ian Laperrière, qui regardera les deux premières périodes de la passerelle de presse, s’ajoutera au groupe pour la troisième période.

« Je n’aurais pas accepté un poste d’adjoint avec n’importe qui, a dit Therrien dans le bureau des adjoints au centre d’entraînement des Flyers, à Voorhees. Honnêtement, j’ai dit oui en raison de la présence d’Alain. J’ai une longue relation avec lui. Ça remonte à mes années à Laval et Granby, et lui à Beauport. Ensuite, c’était dans l’organisation du CH quand je dirigeais à Fredericton et Alain à Montréal. Je n’ai rien contre les autres entraîneurs dans la LNH, mais je ne m’imaginais pas avec une autre personne dans un rôle d’adjoint. »

Michel Therrien et Claude Giroux observent une situation de jeu lors d’un entraînement.
Photo Martin Chevalier
Michel Therrien et Claude Giroux observent une situation de jeu lors d’un entraînement.

Sans parler d’un pacte : Vigneault avait en tête depuis quelques mois déjà de faire une place à son vieil ami s’il pouvait se retrouver un boulot.

« J’ai rencontré Mike (Therrien) à la fin du mois de février ou de mars. Nous avons soupé ensemble en Floride. Je lui avais demandé s’il accepterait de me suivre comme adjoint. Il y a pensé un peu pour rapidement me dire qu’il dirait oui avec moi. J’avais gardé ça en tête. »

Le « bon policier »

Comme adjoint, Therrien restera plus dans l’ombre. C’est Vigneault qui répondra aux questions des journalistes locaux sur une base quotidienne. Sur la glace et à l’extérieur, il y aura aussi une période d’adaptation.

« C’est un ajustement, il n’y a pas de doute, a répliqué Therrien. Mais j’essaye d’être un adjoint comme ce que j’attendais de mes adjoints. Je voulais des gars qui me proposaient des idées. Je ne les acceptais pas toutes, mais je souhaitais que nous brassions des idées. Il n’y a pas une seule mauvaise idée ou question. C’est ce que je fais avec Alain. Je lui suggère un paquet de choses. Je n’ai pas peur de lui dire ce qui me traverse l’esprit. »

« Comme adjoint, je dois aussi avoir une approche différente avec mes joueurs. Je joue maintenant le bon gars, a-t-il poursuivi. C’est plaisant comme rôle. »

Michel Therrien assis à son bureau. À l’arrière-plan, on peut voir l’autre adjoint, Mike Yeo, qui a déjà dirigé les Blues de St. Louis et le 
Wild du Minnesota.
Photo Martin Chevalier
Michel Therrien assis à son bureau. À l’arrière-plan, on peut voir l’autre adjoint, Mike Yeo, qui a déjà dirigé les Blues de St. Louis et le Wild du Minnesota.

Aux yeux de Vigneault, Therrien fera assez facilement cette transition en se plaçant plus à l’écoute de ses joueurs.

« Je n’ai aucun doute dans mon esprit qu’il peut devenir le bon policier, a souligné celui qu’on surnomme AV. Mais je veux aussi qu’il reste lui-même. Quand on le connaît le moindrement, on sait que c’est une bonne personne. »

« Je te raconte une petite anecdote, a continué Vigneault. À notre arrivée à Lausanne, en Suisse, nous avons eu un souper d’équipe. Claude Giroux, notre capitaine, a demandé aux recrues de dire une blague devant tout le monde. C’est une petite tradition au sein de plusieurs équipes. Il a aussi demandé aux nouveaux entraîneurs de faire la même chose. Celui qui a fait le plus rire les gars, c’était Mike Therrien. Je ne peux pas conter sa joke, mais elle était vraiment bonne. Moi, je connaissais déjà ce Mike-là, mais il y a plusieurs personnes qui l’ont découvert lors de cette soirée. »

Dans son bureau au centre d’entraînement des Flyers à Voorhees, Alain Vigneault profite d’une pause après l’entraînement des siens.
Photo Martin Chevalier
Dans son bureau au centre d’entraînement des Flyers à Voorhees, Alain Vigneault profite d’une pause après l’entraînement des siens.

La même quête

À Philadelphie, Vigneault et Therrien partagent le même rêve : gagner la Coupe Stanley.

« C’est la seule raison pourquoi je suis revenu, a affirmé Vigneault. Je veux gagner la Coupe Stanley. Je souhaite me donner une autre chance. J’ai 58 ans, je n’aurai pas des tonnes de chances. Je me retrouve dans un bon environnement avec les Flyers. J’apporte mon bagage d’expériences. Nous avons un très bon jeune gardien de but en Carter Hart et de bons vétérans. Ils sont là plus pour les victoires que leurs statistiques personnelles. Je travaillerai fort pour aller chercher ce qu’il me manque et c’est une conquête de la Coupe Stanley. »

Dans le vestiaire des Flyers au centre d’entraînement situé au New Jersey, le message adressé aux joueurs est assez clair.
Photo Martin Chevalier
Dans le vestiaire des Flyers au centre d’entraînement situé au New Jersey, le message adressé aux joueurs est assez clair.

« C’est le but de gagner la Coupe Stanley, c’est la raison première pourquoi j’ai décidé de venir travailler avec Alain, a renchéri Therrien. Ce n’est pas pour revivre la réalité de la LNH, je l’ai déjà fait pendant plusieurs années. Je veux me donner une autre chance de gagner. J’ai perdu une finale avec les Penguins, Alain a perdu deux fois en finale avec les Canucks et les Rangers. Nous avons le même rêve.

On fait ce métier pour graver notre nom sur la Coupe Stanley un jour. Si j’avais voulu rester dans ma zone de confort, j’étais très bien en Floride. J’avais une belle qualité de vie. Mais il me manquait une petite chose. On se bat tous pour ça. »