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Quand parlera-t-on de culture? Bordel!

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Le film de Schulmann n’était pas très bon, mais son titre, Et la tendresse ? Bordel ! reste dans toutes les mémoires. Je le paraphrase dans l’espoir qu’on parle enfin de culture d’ici à l’élection.

Dimanche, Justin Trudeau était l’invité de Tout le monde en parle. Il n’a pas été question de culture. Pas plus qu’il n’en fut question lors du Face-à-Face de TVA. En parlera-t-on au débat de jeudi prochain à Radio-Canada ? Peut-être... Les questions de culture vont bien au-delà de la mise au pas des géants du net, ce sur quoi tous les partis semblent enfin d’accord.

Le 21 octobre, les électeurs devront choisir entre les deux seuls partis qui peuvent espérer prendre le pouvoir. Pour peu qu’on soit informé, ces partis n’ont pas le même dossier en matière de culture.

Même si Stephen Harper a fini par enterrer son projet de loi C-10 qui donnait à l’État le pouvoir de retirer les crédits d’impôt aux films qu’il jugeait « contraires à l’ordre public », même si James Moore fut un ministre du Patrimoine innovateur et parfaitement bilingue, le gouvernement Harper n’a pas laissé un très bon souvenir dans le monde culturel.

DES COUPES BRUTALES

Et pour cause ! Harper a mis fin aux tournées subventionnées de nos artistes à l’étranger, il a amputé le budget de la Bibliothèque nationale et des archives de 9,6 millions de dollars et il a réduit de 10 % les crédits de Radio-Canada, de Téléfilm et de l’Office national du film. Sans ces coupes brutales, son parti aurait probablement constitué un gouvernement majoritaire en 2008.

Dès son élection en 2015, le gouvernement Trudeau a ouvert les vannes et investi sur cinq ans plus de 1,8 milliard $ dans les arts et la culture. Les principaux bénéficiaires furent Radio-Canada (675 millions $) et le Conseil des Arts (550 millions $). En cours de mandat, le gouvernement a résolu d’ajouter 191 383 millions $ d’ici à 2024 aux 134 146 millions $ qu’il verse déjà chaque année au Fonds des médias. Sans l’aide de ce fonds, notre télévision ne saurait survivre.

LA QUESTION DE L’URNE ?

Jusqu’à maintenant, monsieur Scheer et ses candidats furent assez discrets sur leurs engagements culturels. Les libéraux aussi, quoiqu’ils aient promis, entre autres, d’augmenter les crédits de Téléfilm jusqu’à 150 millions $, un tiers de plus que le budget actuel. L’été dernier, dans un geste sans précédent, Pablo Rodriguez, le ministre du Patrimoine, a injecté 7,5 millions $ supplémentaires pour le financement de films francophones qui menaçaient de rester en plan. Le geste fut accueilli assez froidement du côté anglophone.

Pour la plupart des votants, la culture ne sera pas « la question de l’urne » et c’est normal, mais pour les dizaines de milliers d’artistes et d’artisans, elle devrait l’être, bordel !

L’HOMME DE LA MANCHA

Dix-sept ans après sa création, la comédie musicale L’homme de la Mancha reprend vie au Théâtre du Rideau Vert. La mise en scène de René Richard Cyr n’a pas pris une ride et les interprètes m’ont même semblé avoir pris de la voix et du tonus.

C’est le spectacle parfait pour nous rappeler que la quête de culture est fort probablement « un impossible rêve », une « inaccessible étoile » !