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Rapidité et intensité sans limites

Le Canadien, comme les autres équipes qui batailleront pour un laissez-passer dans les séries, ne pourra se permettre des passages à vide prolongés.
Photo AFP Le Canadien, comme les autres équipes qui batailleront pour un laissez-passer dans les séries, ne pourra se permettre des passages à vide prolongés.

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Dans les années 1960, La Soirée du hockey avait présenté un reportage sur ce que pourrait être le hockey des années 2000. Les images étaient surréelles, mais allaient de pair avec les projections de l’époque.

Le monde était tourné vers l’avenir. Les États-Unis et l’Union soviétique étaient engagés dans la course vers la Lune. Les concepteurs dudit reportage s’imaginaient un hockey cosmique dans lequel les joueurs seraient propulsés par des patins munis de réacteurs.

Soixante ans plus tard, les joueurs patinent toujours par eux-mêmes, mais ils sont plus rapides d’année en année. On se dit qu’ils finiront bien par atteindre une limite, mais non. Les athlètes de tout acabit visent plus haut et vont plus loin.

Des machines

Les matchs de la LNH sont disputés à un rythme endiablé.

Ça n’arrête pas.

« Les athlètes sont mieux entraînés que jamais, a expliqué Claude Julien lorsque j’ai abordé la question avec lui, hier. L’équipement est meilleur que jamais.

« C’est comme ça dans tout. L’auto que tu conduis aujourd’hui est plus rapide que celle que tu possédais il y a 40 ans », a-t-il imagé.

L’intensité ne dérougit pas non plus. On l’a vu lors des deux premiers matchs du Canadien et dans les autres rencontres de la ligue pendant la première semaine d’activité.

« Notre première rencontre en Caroline est la plus intense qu’il m’ait été donné de voir comme match d’ouverture depuis que je suis entraîneur dans la Ligue nationale. On aurait dit un match des séries », a commenté Julien à cet égard.

Pas de temps à perdre

La parité y est pour quelque chose. Dans l’Association de l’Est, les équipes qui se battront pour les deux dernières places donnant accès aux séries seront nombreuses. Elles seront probablement six en incluant le Canadien.

« C’est là qu’on voit l’importance de connaître un bon début de saison », a commenté Julien.

« Les points gagnés à ce stade-ci sont aussi importants que ceux récoltés en fin de saison. Les deux ou trois points qui nous manquaient pour obtenir une place dans les séries la saison dernière ont peut-être été perdus en début de saison. »

Objectif : 100 points

Il y a quelques années, Marc Bergevin a dit qu’il fallait viser les 100 points pour s’assurer de prendre part aux séries. Ses équipes ont franchi cet objectif lors des trois saisons complètes lors desquelles elles se sont qualifiées pour les séries.

On se rappellera que la saison 2012-2013 avait été réduite à 48 matchs en raison d’un lock-out. Le Canadien avait terminé au premier rang de ce qui était alors la division Nord-Est avec 63 points. En supposant qu’il aurait maintenu cette cadence dans un calendrier de 82 rencontres, il aurait récolté 108 points.

L’année suivante, une récolte de 100 points lui avait valu le troisième rang de la division Atlantique derrière les Bruins de Boston (117 points) – qu’il avait éliminés au deuxième tour des séries – et le Lightning de Tampa Bay (101). Sa saison prit fin en finale de l’Est face aux Rangers.

Lors de la saison 2014-2015, il remonta en tête de sa division avec 110 points, mais fut éliminé en deuxième ronde par le Lightning.

Enfin, en 2016-2017, le Tricolore termina à nouveau en tête de sa division avec 103 points avant de tomber au premier tour devant les Rangers de New York.

Éviter les passages à vide

Quand on sait que les Blue Jackets de Columbus ont eu besoin de 98 points pour terminer au huitième rang dans l’Est la saison dernière, il n’est pas illusoire de penser qu’une centaine de points seraient nécessaires cette saison.

Cela signifie que le Canadien, comme les autres équipes qui batailleront pour un laissez-passer dans les séries, ne pourra se permettre des passages à vide prolongés.

Avec la défense qu’il a devant lui, Carey Price devra faire comme Grant Fuhr à la grande époque des Oilers d’Edmonton. Wayne Gretzky avait l’habitude de dire qu’il suffisait que son équipe marque un but de plus que son adversaire et que Fuhr effectue le dernier arrêt pour gagner.

Mais la comparaison avec le Canadien s’arrête là.