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Salaires au Québec: l’état des lieux

Miniature people: Small figure standing on stack of coin. Money and financial concepts.
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Philippe Couture – 37e AVENUE

 

Bonne nouvelle: les salaires augmentent! La firme de rémunération globale Normandin Beaudry vient de publier les résultats de sa neuvième enquête sur les augmentations salariales, où l’on constate des hausses, en particulier dans les petites entreprises et dans le secteur des TI.

Les entreprises québécoises, si l’on se fie au portrait dessiné par Normandin Beaudry à partir d’un sondage mené auprès de 214 organisations, ont consacré aux augmentations salariales une part significative de leurs budgets au cours de la dernière année, soit 3%. Une telle chose ne s’était pas vue depuis 2009.

«Les salaires en augmentation sont le signe d’une bonne économie et résultent toujours en une augmentation du pouvoir d’achat», se réjouit Anna Potvin, conseillère principale en rémunération chez Normandin Beaudry. «La situation est d’autant plus enthousiasmante que le gouvernement y a aussi contribué en augmentant considérablement le salaire minimum au cours de la dernière année. On voit d’ailleurs dans le portrait global que les augmentations ne touchent pas seulement les professionnels détenant déjà de bons salaires, mais également des catégories d’emploi plus précaires.»

La situation devrait perdurer au cours de l’année 2020. Le sondage montre en tout cas que les entreprises québécoises, ontariennes et albertaines sont optimistes et projettent des augmentations de 2,8 à 2,9%.

Des salaires en forte hausse dans le secteur des TI

Les programmeurs œuvrant dans l’industrie du jeu vidéo et les spécialistes des effets visuels, très sollicités par les nombreux studios de Montréal et de Québec, sont les employés ayant connu les hausses de salaire les plus importantes, selon cette enquête. «Il y a un effet de rebond vu la grande mobilité des employés de ce secteur, explique Anna Potvin. Ils ont tendance à passer rapidement d’une entreprise à l’autre, augmentant chaque fois leur salaire. Parfois, ils finissent même par revenir chez leur employeur d’origine, mais jamais sans améliorer encore un peu leurs conditions et leurs salaires. Disons qu’ils ont l’embarras du choix, et que la situation de pénurie favorise des hausses de salaire à rythme régulier.»

Les éditeurs de logiciel et les employés de commerce électronique, ainsi que les professionnels du service-conseil en TI, sont également en bonne posture pour bénéficier d’augmentations. Sans oublier le secteur de l’intelligence artificielle, en pleine croissance au Québec.

Les petites entreprises délient les cordons de la bourse

«Les entreprises de moins de 100 employés prévoient aussi des budgets d’augmentations salariales plus élevés que la moyenne nationale ([qui se situe à] 2,7%), avec des augmentations moyennes de 3,1%», précise l’étude. Un effet de la pénurie de main-d’œuvre, qui pousse les entreprises à ouvrir le portefeuille pour augmenter leur attractivité? «En partie, répond Anna Potvin. Il y a aussi de nombreuses startups dans cette catégorie de petites entreprises, où les salaires sont réputés plus élevés. Ce que l’on sait, en tout cas, c’est que les augmentations dans les petites entreprises servent en majorité à récompenser la performance des employés, alors que 25% des petites entreprises utiliseront une partie de leur budget pour faire un rattrapage par rapport au marché.»