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C’EST discriminatoire!

Loi 21: question biaisée, mépris des Québécois, désinformation? Pas vraiment.

Le chef du Bloc québécois, Yves-Francois Blanchet, et le chef du NPD, Jagmeet Singh, pendant le débat des chefs diffusé lundi le 7 octobre 2019.
POOL JUSTIN TANG/LA PRESSE CANADIENNE Le chef du Bloc québécois, Yves-Francois Blanchet, et le chef du NPD, Jagmeet Singh, pendant le débat des chefs diffusé lundi le 7 octobre 2019.

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S’il est un sujet dont on discute depuis le débat en anglais organisé par le consortium des télédiffuseurs et présenté sur les ondes de la CBC, c’est celui du caractère discriminatoire ou non de la loi 21. 

Dans une question adressée au chef du NPD, Jagmeet Singh, l’une des cinq modératrices, la journaliste Althia Raj du Huffington Post, a qualifié la loi 21 de discriminatoire. Question biaisée, mépris des Québécois, désinformation? Pas vraiment.  

La loi 21 EST discriminatoire 

Les tenants de la loi 21 sont rapidement montés aux barricades.  

Comment une modératrice peut-elle ainsi lever le nez sur les Québécois?  

C’est odieux!  

On fait rire de nous par les Anglos! 

Encore du Québec bashing! 

La loi 21 a été adoptée avec l’appui de Québécois, pourquoi devrait-on se laisser traiter de racistes? (Au passage, rien dans la question ne parle de racisme, mais bon.) 

Sur ce sujet, je ne peux qu’être en désaccord avec ces observateurs, plusieurs d’entre eux mes collègues. 

La loi 21 est, dans les faits, discriminatoire. Si elle ne l’était pas, il n’y aurait pas eu de raison d’invoquer la clause dérogatoire pour l’adopter. 

La discrimination qu’on veut 

À celles et ceux qui me répondront que la loi n’est pas discriminatoire puisque toutes les religions sont traitées de la même manière, je répondrai que cette loi discrimine les croyants des non-croyants, les pratiquants de religions qui imposent des signes ostensibles de ceux qui pratiquent des religions de l’intime. 

Est-ce un scandale? En tout cas, pas au Québec. La loi 21 est l’incarnation de la discrimination consentie. C’est, en quelque sorte, la discrimination que nous acceptons, même que nous souhaitons au Québec. 

Assumons-nous!  

Cette loi a été adoptée (ou imposée) par un gouvernement qui obtient l’approbation populaire, élu à majorité et dont la cote d’amour continue de se situer à des sommets impressionnants depuis maintenant un an. 

La loi 21 fait dire aux observateurs nationalistes et aux fervents de la CAQ qu’enfin, un gouvernement met ses culottes et règle le débat sur les signes religieux.  

Alors, pourquoi devrions-nous nous sentir diminués ou rabaissés quand quelqu’un qui ne partage pas la vision québécoise appelle un chat un chat?  

Allons, assumons nos choix!  

Oui, la loi est discriminatoire, mais c’est ce que nous souhaitons. C’est une discrimination acceptable au Québec, tout simplement. Que ce soit en raison de notre relation trouble avec l’Église dans le passé ou parce que nous associons les signes religieux à une dilution de notre identité collective, nous avons fait le choix d’interdire les signes religieux pour les personnes en position d’autorité.  

So be it! 

La loi 21 a été adoptée, elle doit être respectée et sa contestation doit passer par les tribunaux. Ceux qui croient qu’ils sont victimes de discrimination suivront les étapes nécessaires pour faire respecter les chartes et les tribunaux trancheront. 

Quoi qu’il en soit, le fond de la question posée par Althia Raj demeure. Les chefs fédéralistes doivent se prononcer sur leurs intentions et leurs réponses doivent tenir compte de leur responsabilité envers tous les Canadiens, pas uniquement de leur volonté d’engranger les votes québécois. 

Au détour d’un débat brouillon, confus et désorganisé, Jagmeet Singh a échoué à présenter clairement sa position et il continue d’entretenir le flou quant à une éventuelle intervention du fédéral dans les contestations judiciaires futures.  

Parions que le débat de demain reviendra sur la question et que les électeurs du Québec seront à l’écoute.