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Le prix de la banane pourrait monter

Un champignon ravageur vient d’atteindre les plus importantes plantations, situées en Amérique latine

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Le prix des bananes, fruit préféré de bien des familles, pourrait augmenter prochainement en raison de la propagation d’un champignon qui menace les récoltes.  

Des bananiers un peu partout à travers le monde sont touchés par une maladie fongique appelée la fusariose. Elle est causée par la souche la plus récente d’un champignon, la Race tropicale 4, qui attaque les racines et les tiges de la plante. La maladie n’est pas dangereuse pour la santé humaine, mais peut entraîner une diminution de la quantité de bananes produite dans l’arbre.  

Ce mal n’est pas nouveau. Il frappe depuis plusieurs années des plantations en Australie, en Asie et en Afrique.  

C’est cependant la première fois que la maladie touche l’Amérique latine, où se trouvent les plus importantes plantations de bananes Cavendish, la variété la plus répandue. Elle a été identifiée à la mi-août en Colombie.  

Devant l’urgence de la situation, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a lancé un projet à la fin de la semaine dernière afin d’aider les pays en Amérique latine et dans les Caraïbes à lutter contre la propagation.  

Le champignon se propage facilement puisqu’il demeure dans l’eau et le sol ou se loge sur les chaussures et outils des travailleurs. De plus, il n’y a aucun moyen de l’éradiquer.  

« On entend des gens annoncer la fin de la banane, je ne pense pas que nous en soyons là, insiste Jose Abad-Puelles, spécialiste des bananes chez Fairtrade Canada. Pour le moment, il n’y a que deux fermes en Colombie qui sont touchées. Il faut cependant qu’on investisse de l’argent pour empêcher la propagation et faire de la recherche pour trouver une autre variété qui résiste à ce champignon », ajoute l’employé de l’organisation qui assure la certification de produits issus d’un commerce équitable.   

Fruit populaire  

Cette recherche nécessaire pour trouver une autre variété pourrait aussi jouer sur le prix, selon M. Abad-Puelles.  

Les bananes sont très populaires au Canada. Le pays en importe pour plus de 600 millions $ chaque année. Elles totalisent environ 9 % de tous les fruits importés au pays.  

« Chaque deux ans depuis 20 ans, j’entends parler d’un nouveau problème. Je pense qu’on peut s’attendre à des baisses de rendement et ça peut jouer sur le prix dans le gros. Plutôt que 18 $-20 $ pour 40 livres, on pourrait être autour de 30 $ », croit Guy Milette, vice-président exécutif chez Courchesne Larose, un important grossiste en fruits et légumes.  

Mario Meloche de la fruiterie Vert pomme n’a pas encore remarqué d’augmentation dans son commerce. Il ne croit pas non plus que ce fruit disparaîtra des tablettes. 

« En 42 ans, je n’ai jamais vu de manque de bananes. On voit des augmentations de 10 %, pas plus », ajoute-t-il.  

Plusieurs craignent que la banane Cavendish subisse le même sort que la variété précédente, la Gros Michel. Cette dernière a disparu il y a 60 ans, infectée par une première forme de cette même maladie.  

Pays pauvres  

« Il n’y a pas eu beaucoup de recherche et de développement au cours des dernières années dans la banane. Elle est cultivée dans des pays plus pauvres, par des paysans qui font ce qu’ils peuvent. C’est une monoculture et on ne s’est pas trop occupé à gérer les risques », se désole Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l’Université Dalhousie, en Nouvelle-Écosse.