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N’ayons pas peur des films

Joker
Photo courtoisie

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Au moment où vous lisez ces mots, je n’ai pas encore vu le film Joker. Si tout se passe comme prévu je devrais le voir ce soir même. Je ne vais pas vous mentir, j’ai très hâte. Non seulement je suis un fan de l’univers des super-héros; j’ai en plus un faible pour Batman. J’ai surtout très hâte de voir le traitement qu’on a réservé à ce vilain, ce méchant, ce némésis ô combien complexe qu’est le Joker.

Ce n’est pas pour rien qu’autant de grands acteurs ont campé ce rôle, certains mieux que d’autres, mais quand même. Il est assez rare de voir un personnage de fiction qui suscite autant de fascination et même d’obsession.

C’est peut-être aussi pour ça que ce film fait autant jaser. Certains, comme moi, ont hâte de le voir et même de le revoir et d’autres croient qu’on devrait en interdire la projection, parce que trop violent, parce que trop troublant, parce que trop humain? Je ne sais pas encore, mais je sais une chose : il s’agit d’un film et il faut accepter que chaque film a son rôle.

Certains sont là pour le pur divertissement. Des cascades, des effets spéciaux, des fins épiques et dantesques pour nous donner un petit frisson.

D’autres nous feront pleurer par leur mélancolie et leur trame sonore si puissante. D’autres nous feront peur, ou nous feront rire.

Mais parfois un film ça peut être plus que ça. Un film peut nous replonger dans des souvenirs ou des ambitions ensevelies qui, à la vue de cet agencement précis d’images, refont surface.

Parfois un film nous envoie une vérité sur notre monde, notre société. Il nous fait regarder autre chose que nos souliers et notre cellulaire.

Parfois un film nous choque et nous trouble. Il nous demande un certain temps avant de savoir si vraiment nous avons aimé ou détesté.

Parfois un film est douloureux et pesant. Il s’appuie sur nous et nous demande de le porter jusqu’à la fin. Comme une épreuve qu’on ne pouvait vivre seul.

Un film a le droit d’exister même dans sa bêtise, même dans son désarroi, même dans sa violence. D’en avoir peur ou de tenter de le faire taire ne fera que renforcir son côté attirant et peut-être justement le faire dévier de son plan initial qui était celui de nous faire vivre un moment de liberté, de se plonger dans une tête qui n’est pas la nôtre.

N’ayons pas peur des films, parce que c’est justement quand on a peur que les pires scénarios se dessinent dans nos têtes. Et le cinéma ce n’est pas ça. Voir un film c’est avant tout se donner un moment avec soi-même. Dans le noir, seul et parfois entouré d’inconnus tous réunis pour une seule et unique raison, être un peu plus que soi pour un instant.