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Les berges toujours souillées

Greenpeace a notamment trouvé des mégots de cigarettes, des bouteilles et des emballages lors d’une corvée

Ces mégots ont été ramassés sur une plage de Vancouver, le 21 septembre.
Photo courtoisie Ces mégots ont été ramassés sur une plage de Vancouver, le 21 septembre.

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Cinq grandes compagnies sont responsables de produire près de la moitié de tous les déchets recueillis sur les berges de neuf villes canadiennes, dont Montréal, selon une vaste collecte organisée par l’organisme Greenpeace Canada, dont les résultats ont été dévoilés, mercredi.

Les cinq plus gros pollueurs

Ces mégots ont été ramassés sur une plage de Vancouver, le 21 septembre.
Photo courtoisie

Nestlé, Tim Hortons, Starbucks, McDonald’s et The Coca-Cola Company sont les cinq plus importants pollueurs de plastique au pays, à la tête du classement peu envieux de Greenpeace Canada.

Près de 40 % des déchets de plastique dont les marques ont pu être identifiées provenaient de ces multinationales.

Tim Hortons a pris la première position des générateurs de déchets de plastique dans six des neuf endroits où la collecte a eu lieu, selon Greenpeace. « C’est la pollution la plus emblématique au Canada », souffle Agnès Le Rouzic, chargée de campagne Océans et Plastique.

Elle invite d’ailleurs ces entreprises à repenser leur modèle d’affaires et à prioriser les produits réutilisables. Elle estime que la réduction de la pollution plastique ne doit pas uniquement reposer sur le consommateur.

Par courriel, une porte-parole de Tim Hortons répond que l’entreprise met de l’avant plusieurs initiatives pour réduire la pollution, comme des gobelets réutilisables et des produits faits de matières recyclées.

Les mégots, déchet numéro 1

Les mégots de cigarettes sont les déchets de plastique les plus ramassés lors de la collecte organisée par Greenpeace Canada. Ceux-ci contiennent plus précisément de l’acétate de cellulose dans le filtre.

Ce constat n’a rien d’étonnant pour Marie Chatard, responsable des communications du programme Mégot Zéro à Montréal. Une dizaine de bénévoles ont amassé 30 000 bouts de cigarettes en seulement une heure récemment lors d’une activité, fait-elle valoir.

« Il y a un grand mouvement en ce moment pour réduire les plastiques à usage unique, mais les gens ne considèrent pas les mégots de cigarettes comme un déchet de plastique », déplore-t-elle.

Pourtant, un mégot de cigarette est extrêmement toxique, selon diverses études, et ces milliards de déchets jetés par terre chaque année menacent la vie aquatique. Les mégots de cigarettes constituent près de 30 % des déchets découverts sur le domaine public et ils contiennent 4000 substances chimiques, qui se dissolvent dans les écosystèmes.

Mme Chatard fait valoir que son programme offre désormais des cendriers portatifs aux fumeurs, afin d’éviter qu’ils ne jettent leurs mégots dans la rue.

Pas si biodégradables que ça

Ces mégots ont été ramassés sur une plage de Vancouver, le 21 septembre.
Photo courtoisie

Vantés comme une alternative au plastique à usage unique, les produits biodégradables polluent quand même, selon les résultats de la collecte pancanadienne de Greenpeace.

Des pailles en carton ou en papier, sacs pour déjections canines, contenants, ustensiles ou couvercles compostables ont été retrouvés sur les berges. Et aucun de ces éléments n’était décomposé, à l’exception de certains produits en papier qui avaient commencé à se dégrader, fait valoir l’organisme. La plupart de ces objets nécessitent un traitement industriel pour réellement se décomposer.

« C’est souvent présenté pour réduire la pollution plastique, mais ces produits maintiennent un modèle jetable », souligne Agnès Le Rouzic.

D’après Greenpeace, il s’agit de fausses solutions.

Mme Le Rouzic soutient également que ces produits mêlent les consommateurs, qui risquent de penser à tort de pouvoir les rejeter dans l’environnement sans problème ou de les mettre au recyclage, par exemple.