/news/green
Navigation

Une stratégie douteuse aux yeux de certains

trafic manifestation
Photo Jonathan Tremblay Le militant écologiste Dominic Champagne a pris la parole, hier, durant le sit-in des manifestants d’Extinction Rebellion, en pleine heure de pointe, à l’angle du boulevard René-Lévesque Ouest et de la rue Mansfield.

Coup d'oeil sur cet article

Des experts en communication consultés par Le Journal sont divisés sur la stratégie utilisée par le groupe environnementaliste Extinction Rebellion, qui souhaite forcer les gouvernements à agir davantage dans la crise climatique.

Trois militants du groupe ont escaladé le pont Jacques-Cartier, hier, paralysant le lien routier entre Montréal et la Rive-Sud en pleine heure de pointe matinale.

« C’est vraiment se mettre la population à dos. C’est certain que vous ne serez pas populaires quand des milliers d’automobilistes qui se lèvent très tôt pour aller bosser de 9 à 5 se font bloquer sur un pont », indique Benoît Duguay, professeur titulaire à l’école des sciences de la gestion de l’UQAM.

Selon l’expert en communication, la stratégie est une erreur, d’autant plus que l’action choisie ne cadre pas avec l’intention des militants, juge-t-il.

« Il faudra m’expliquer en quoi causer un bouchon de circulation – donc créer plus de pollution – va aider à sauver la planète », fait remarquer M. Duguay.

Avis contraire

Toutefois, selon Sébastien Dallaire, directeur général de la firme de recherche marketing Ipsos, le groupe Extinction Rebellion pourrait avoir visé juste avec cette action, notamment quant au moment choisi.

« S’il y avait un moment clé pour faire un coup d’éclat du genre, c’était probablement en ce moment », a indiqué M. Dallaire.

« Leur objectif est probablement de garder l’environnement comme un enjeu durant la campagne électorale fédérale, et à ce point de vue là, on peut considérer qu’ils ont eu un certain succès », a-t-il précisé.

Message dilué

Mais pour Stéphanie Yates, professeure en communication à l’UQAM, les conséquences vécues par les automobilistes « diluent le message » que souhaitait faire valoir l’organisme.

« Ça se fait au détriment des usagers de la route, et c’est là que le bât blesse », a-t-elle expliqué.

« Le groupe dit prôner des gestes non violents. Mais on peut se demander si faire une telle intrusion dans le quotidien des usagers du pont n’est pas une forme de violence », a-t-elle ajouté.