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Une voix très connue

Richard Darbois a doublé de nombreuses vedettes d’Hollywood

Richard Darbois
Photo courtoisie, Richard Darbois La voix de Richard Darbois, fils du regretté acteur Olivier Guimond, est très connue au Québec.

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Peu le savent, mais le fils du regretté Olivier Guimond, Richard Darbois, est l’une des voix les plus connues dans le monde du doublage. Il a doublé, entre autres, Harrison Ford, Richard Gere, Patrick Swayze, Dan Aykroyd, Jeff Goldblum...

« La passion est toujours là et elle ne s’éteindra jamais », a confié l’homme de 67 ans joint par téléphone alors qu’il se trouvait chez lui, en Guadeloupe.

Né à Montréal en 1951, Richard n’avait que quatre ans lorsque sa mère a déménagé en France.

Le fils du populaire humoriste québécois est très connu dans l’Hexagone, mais il a mentionné au Journal que Richard Darbois était son nom de scène, en l’honneur de sa mère. Or, sur ses papiers officiels, tels que son permis de conduire, il est toujours inscrit Richard Guimond.

Comme ses parents, il a commencé sa carrière très jeune et a fait son premier doublage dans La mélodie du bonheur sorti en 1965.

Acteur comme son père, il a joué au théâtre et à la télévision chez nos voisins français, et a laissé sa marque dans l’industrie du doublage en prêtant sa voix à des personnages mythiques du cinéma tels qu’Indiana Jones et Han Solo, tous deux interprétés par Harrison Ford. On lui doit aussi la voix française de Sam Wheat interprété par Patrick Swayze dans le film Mon fantôme d’amour.

Il a aussi doublé d’autres rôles très populaires du cinéma comme Biff Tannen (Thomas F. Wilson) dans la trilogie Retour vers le futur et Roger Murtaugh (Danny Glover) dans les films Lethal Weapon. On lui doit aussi la voix du génie dans le film Aladdin de 1992. Dans la version originale, c’était le regretté Robin Williams qui lui prêtait sa voix.

« J’aime faire du doublage, car ça me permet de jouer des personnages que je ne pourrai jamais interpréter dans la vie. Par exemple, un génie, une personne de couleur ou un Buzz Lightyear », dit-il en imitant certains de ceux-ci.

Il a confirmé qu’il lui était facile de changer de registre vocal en seulement quelques secondes. « J’ai hérité ça de ma mère », dit-il.

Ça va plus vite

Celui qui compte un peu plus de cinq décennies de doublage reconnaît que le métier n’a pas beaucoup changé au fil des années. Or, le temps requis pour doubler un film est moins long, et les acteurs sont seuls en studio plutôt qu’en groupe. « C’est beaucoup plus rapide comme ça, mais on n’a pas le plaisir d’être ensemble très souvent », a-t-il dit avec regret.

Ses meilleurs souvenirs lorsqu’il doublait...

 

HARRISON FORD

Je ne change pas ma voix lorsque je fais ses personnages, et c’est d’ailleurs le seul acteur que je double que j’ai rencontré.


 

LE GÉNIE

C’est le rôle le plus complet et le plus fou que j’ai eu à doubler. Sans oublier qu’il y avait plusieurs chansons dans le film.


 

 

DANNY GLOVER

C’est un acteur que j’adore doubler, car il est très humain et très drôle.


 

 

DAN AYKROYD

C’est un acteur qui me sort de mes rôles de jeunes premiers.

Pas de rancœur envers son père

Le fils d’Olivier Guimond, Richard Darbois, ne garde aucune rancune envers son père, qu’il ne voyait pratiquement jamais. 

Lorsque le célèbre comique québécois et sa seconde épouse, Jeanne Darbois connue sous le nom d’artiste de Jeannne-D’Arc Charlebois, se sont séparés au milieu des années 50, cette dernière a quitté le Québec pour la France avec ses deux enfants.

« J’ai revu mon père à 13 ans lors des funérailles de mon frère à la suite d’un accident de voiture, se souvient M. Darbois maintenant âgé de 67 ans. Il était venu en France, et on a passé quelques jours ensemble. »

Puis, les deux hommes se sont vus quatre ans plus tard lorsque le fils est venu travailler au Québec, soit trois ans avant le décès d’Olivier Guimond, en 1971, à l’âge de 57 ans. 

« Ma mère disait qu’il était un super comédien, mais je n’avais pas beaucoup de rapports avec lui et je n’ai aucun remords ni acrimonie », a dit l’acteur, qui demeure maintenant en Guadeloupe et qui double plusieurs acteurs américains tels qu’Harrison Ford ainsi que Richard Gere.

Il louange le travail de Benoit Brière

Richard Darbois a vu la série Cher Olivier, qui a été présentée en 1997 et dans laquelle Benoit Brière interprétait son père.

« Benoit n’avait pas le même physique que mon père, mais je l’ai trouvé vachement bon », dit-il sans détour.

« Lorsque j’ai regardé la série, je me suis dit que ce comédien était excellent », a-t-il ajouté en mentionnant qu’il n’avait jamais eu la chance de rencontrer Benoit Brière.

Prêt pour le Québec

La dernière fois que le fils d’Olivier Guimond a mis les pieds au Québec, c’était lors de l’enterrement de sa mère en septembre 2001.

« Je devais y revenir pour doubler Harrison Ford pour le dernier Indiana Jones (2008), mais pour une raison que j’ignore ça ne s’est pas concrétisé », a indiqué l’acteur.

Lorsque Le Journal lui a demandé s’il aimerait venir travailler au Québec sur divers projets, il n’a pas eu besoin de réfléchir très longtemps pour répondre.

« Je suis prêt, et il suffit de m’appeler ! » s’est-il exclamé.