/misc
Navigation

Donald Trump soumis à la procédure de destitution avant d'être réélu?

Donald Trump soumis à la procédure de destitution avant d'être réélu?
AFP

Coup d'oeil sur cet article

Normalement, le titre de ce billet devrait relever de la seule politique-fiction. Le scénario demeure marginal, mais il est dans le domaine du possible.   

Depuis le début de la présidence Trump, je répète régulièrement à quel point la période actuelle me fascine. Si j'enseigne l'histoire des États-Unis, je pense de plus en plus à me limiter à l'histoire constitutionnelle tellement ce à quoi nous assistons est hors normes. Qu'on soit un partisan du président ou un farouche opposant, il faut minimalement reconnaître que l'administration actuelle ne ressemble à aucune autre. Comme professeur, je me plais à démontrer à mes étudiants que la Constitution américaine, malgré ses grandes forces, comporte son lot de faiblesses ou de zones floues. Ce sont ces parts d'ombre qu'exploitent Donald Trump et son entourage.        

Si j'admets qu'au moment où je rédige ces lignes les possibilités de destituer Trump après un vote au Sénat sont bien minces, je ne peux m'empêcher de penser au pouvoir qu'un acquittement conférerait à ce président. Si en plus de survivre au procès, Donald Trump parvenait à convaincre les électeurs de lui accorder un second mandat à compter de 2020-2021, plus rien ne viendrait entraver sa progression.      

Vous devinez qu'il y a actuellement une grande pression sur les épaules des démocrates de la Chambre. De quels outils disposeraient-ils pour freiner un président associé à de multiples scandales? Rien ne les empêcherait de tenter de le destituer une seconde fois (on peut le faire plusieurs fois en respectant la Constitution), mais une telle démarche constituerait probablement un suicide politique pour plusieurs.      

 Et des scandales, démontrés ou potentiels, nous en découvrons encore régulièrement. On vient par exemple tout juste d'annoncer que deux hommes associés de Rudy Giuliani ont été arrêtés et seront accusés d'avoir enfreint la loi électorale. Oui, tout comme ce fut le cas pour l'ancien avocat de Donald Trump, Michael Cohen, qui est aujourd'hui derrière les barreaux.      

Au risque de me répéter, nous vivons des moments historiques. Nos voisins du sud écrivent régulièrement de nouvelles pages d'histoire. Éventuellement, en 2020 ou en 2024, Donald Trump quittera ses fonctions. Les historiens comme moi en auront alors pour des années à analyser cette administration hors du commun et les angles seront multiples. Je ne détiens aucune boule de cristal, mais je peux sans crainte m'avancer pour affirmer que ce ne sera plus «comme avant».      

Je vous laisse ici un lien vers un article du site Axios qui discute du sujet que j'aborde aujourd'hui.       

Je précise au passage que la plupart des lectures que je vous propose à l'occasion sont tirées de sites américains, donc en anglais. Je suis bien conscient que tous et toutes ne sont pas bilingues, mais je procède ainsi parce que je veux traiter de la politique américaine comme si j'écrivais à partir des États-Unis, sans le filtre de la traduction ou de la pensée d'un ou d'une collègue d'ici. Nous avons de très bons chroniqueurs de notre côté de la frontière (Pierre Martin ou Loïc Tassé par exemple), mais je ne veux pas laisser leurs écrits influencer les miens. Bien sûr je consulte leurs écrits, mais uniquement après avoir publié ce que je pense d'un sujet. Sur ce, bonne journée et bonne lecture!