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Retour sur le précédent gouvernement conservateur : voulez-vous voter pour ça?

Retour sur le précédent gouvernement conservateur : voulez-vous voter pour ça?
Photo Agence QMI, Joel Lemay

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Afin de me faire une petite idée pour qui j’allais voter aux prochaines élections fédérales, j’ai fouillé dans mes vieux articles de journaux afin de me rappeler ce qu’étaient, à certains égards, les principales orientations et les grands principes qui guidaient les conservateurs de Stephen Harper au pouvoir jusqu’en 2015. Il ne faut pas se laisser endormir, Scheer et Harper c’est du pareil au même. Et les mêmes militants sont toujours en poste avec les mêmes valeurs.  

Loin de moi l’idée de vous dire pour qui voter. Et moi, je ne vous dirai pas quel parti politique aura mon appui. Comme vous savez que je suis un individu de centre droit, peut-être plus à droite qu’au centre, alors vous avez probablement une petite idée de mon éventuel choix électoral.  

En me concentrant sur mes articles de journaux, qui ont rapporté les politiques élaborées et les gestes posés par les conservateurs, ça fait que mon analyse repose sur des faits et non pas sur mes préjugés. Il y a tellement de choses à dire, ce qui m’obligera à faire un tour de piste partiel, mais non partial, des événements triés au hasard de mes découpures de journaux.   

Le réchauffement climatique : ils n’en ont rien à cirer   

En 2012, les conservateurs ont voté une loi environnementale qui, comme Donald Trump aux States, réduisait la réglementation et s’en remettait davantage à l’expertise et au bon vouloir de l’industrie. Caractéristique des conservateurs, cette loi qui libérait les entreprises de plusieurs irritants fut adoptée très discrètement, pour ne pas dire en catimini, sans consultation, grâce à une loi omnibus : « Loi canadienne sur l’évaluation environnementale. Vers une refonte en douce d’Ottawa ». Oui, ils ont consulté... les pétrolières, les minières, les banques, etc. Les « experts » quoi!  

Si vous ne me croyez pas, au premier paragraphe d’un article publié le 30 mars 2012 par le Journal de Montréal, il était écrit ceci : « L’approbation des grands projets ayant un impact environnemental sera accélérée par le gouvernement conservateur, pour stimuler l’investissement et réduire les contraintes bureaucratiques ». Tsé veut dire?   

Une bien drôle juste pour vous : « Les mal-aimés plaident leur cause. L’industrie du charbon et celle des sables bitumineux tentent de déboulonner les “mythes” environnementaux ». Qui peut bien répandre ces mythes sur notre vert charbonné et nos verdoyantes pétrolières présentes dans les bucoliques paysages des sables bitumineux?  

Le traité de Kyoto qui a précédé l’Accord de Paris sur l’environnement n’était définitivement pas la tasse de thé de Stephen Harper, qui a qualifié Kyoto de « complot » socialiste, rien de moins. Comme les républicains aux États-Unis, les conservateurs voient des socialistes et des communistes partout. Ils préfèrent les évangélistes qui sont contre l’avortement, les mariages gais et les immigrants musulmans.  

Deux petites vites qui illustrent bien la nature environnementale intrinsèque des conservateurs : « Industrie pétrolière et conservateurs. Plus de 1100 rencontres depuis trois ans » et « Climat. 1570 lobbyistes à l’assaut du fédéral (conservateurs) ».   

Les groupes écologistes ne font pas partie des lobbyistes qui ont eu le privilège de rencontrer des ministres conservateurs puisque : « Les écologistes classés parmi les menaces à surveiller par Ottawa (conservateurs) ». Quitte à demander à la GRC et au Service canadien de renseignement (SCRS) de les espionner, comme l’a fait Stephen Harper.   

Une petite entourloupette par ci, une petite entourloupette par là, telle était la devise de l’ex-ministre conservateur de l’Environnement, Joe Oliver, qui a pondu, en 2014, cette énormité vraiment indigne : « Je pense que les gens ne s’inquiètent pas autant qu’auparavant d’un réchauffement de 2 degrés. Les scientifiques nous ont dit récemment que nos peurs, quant aux changements climatiques, sont exagérées » (La Presse, 20 mars 2014). Probablement des scientifiques comme Donald Trump, Don Cherry et Maxime Bernier? Andrew Scheer répète la même chanson.   

Andrew Scheer vient de promettre 8 milliards $ en bonbons fiscaux et promet quand même de ramener à zéro le déficit actuel d’environ 14 milliards $ l’an. Comment fera-t-il ce tour de force? Comme ils l’ont toujours fait, en vargant dans les services publics et en ratatinant l’ampleur et le rôle de l’État. Les conservateurs ont toujours préféré le privé au public, ça c’est connu, comme dans « Budget Flaherty. Priorité : réduire la taille de l’État fédéral ».  

Ils prétendaient faire plus avec moins grâce à la modernisation de l’État. Et ce n’était qu’un début : « Flaherty entend poursuivre le ménage. D’autres programmes passeront à la déchiqueteuse dit le ministre des Finances » (Le Devoir, 26 novembre 2011). Et vous pensez que Andrew Scheer et ses légionnaires seront différents et qu’ils vont plutôt investir massivement dans nos services publics?   

Une autre drôle juste pour vous. Afin de l’aider dans l’orientation de ses coupes, les conservateurs ont fait appel aux précieux services du cabinet d’experts-comptables Deloitte à qui ils ont versé un petit vingt millions de dollars de rien du tout à titre d’honoraires de consultation : « Ottawa a besoin du privé pour sabrer ses dépenses. Le ministre Flaherty défend le contrat de 20 millions octroyé à la firme Deloitte » (Le Devoir, 22 septembre 2011). Voulez-vous vraiment retomber dans le cercle infernal des coupes dans nos programmes sociaux afin d’équilibrer le budget et de réingénierier l’État?   

La démocratie, qu’ossa donne?  

En voici une autre qui caractérise bien les conservateurs : « Les F-35 coûteront deux fois plus cher que prévu. La démocratie, une “distraction” dont les Canadiens ne se soucient guère estiment les troupes de Harper »  

Et avec Andrew Scheer et sa candidate vedette Sylvie Fréchette, ça va donner quoi? Si Harper a nommé Josée Verner ministre (puis sénatrice), Scheer peut bien en faire autant avec Sylvie.  

Comme Trump  

Oui, les conservateurs de Stephen Harper ont vargé dans les programmes sociaux afin de mieux investir ailleurs : « Budget 2015. Des milliards pour la sécurité » et « La part du lion à la sécurité ».  

Comme Trump, les conservateurs ont toujours fait une fixation sur les dépenses militaires, ils renseignent et la sécurité quitte à se reprendre ailleurs.   

Les belles valeurs des conservateurs  

Il faut tout de même rendre à César ce qui revient à César. Les conservateurs ont toujours eu, et auront tout le temps, des principes moraux très élevés, tels qu’illustrés dans ces propos tenus par l’ex-ministre conservateur de la Sécurité publique, Vic Toews : « La torture serait acceptable » (Le Journal de Montréal, 8 février 2012). Et Stephen Harper de rajouter : « Harper favorable à la peine de mort. Le premier ministre affirme toutefois ne pas vouloir rouvrir le débat ».   

Et quant à l’aide aux pays pauvres souvent exploités par les occidentaux : « Aide internationale : un financement déjà faible “en déclin” » (La Presse, 14 juin 2015). Il faut retenir que quoi que fasse Israël : « Critiquer Israël est antisémite, selon Stephen Harper ».  

Et ma dernière : « Ottawa veut éduquer les jeunes palestiniens » (Le Devoir, 17 janvier 2011). Pour les éduquer à se soumettre docilement à l’envahissement des territoires par Israël appuyé par les États-Unis et Harper jadis.   

Pensez-vous maintenant que je vais voter conservateur?