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Retour en force pour le Bloc

Les francophones se rangent à 37 % derrière la formation d’Yves-François Blanchet selon un coup de sonde

Le chef  bloquiste Yves-François Blanchet lors du débat en anglais de lundi soir.
Photo d’archives Le chef bloquiste Yves-François Blanchet lors du débat en anglais de lundi soir.

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Le Bloc québécois réalise une forte remontée dans les intentions de vote chez les francophones, récoltant des appuis jamais vus depuis 2011. 

Un coup de sonde Léger-La Presse canadienne rendu public hier confirme la remontée de la formation d’Yves-François Blanchet. Celle-ci a gagné huit points dans la dernière semaine seulement.

 

  • Jean-Marc Léger était à l’émission Dutrizac sur QUB radio:

 

Si bien que 29 % des répondants québécois au sondage ont indiqué vouloir voter pour le Bloc. Ce qui place les bloquistes tout juste derrière les libéraux qui obtiennent 31 % des intentions de vote dans la province. Et loin devant les conservateurs à 16 %.

« Il se passe vraiment quelque chose au Québec, explique Jean-Marc Léger, président de la firme de sondages Léger. À l’extérieur de Montréal et Québec, le Bloc est en avance par une forte majorité. On parle de toute la fin du 450, on parle des régions, on parle de partout. C’est vraiment une montée forte. »

Chez les francophones, la proportion de Québécois qui se disent prêts à voter pour le Bloc atteint désormais 37 % (ils étaient 26 % le 2 octobre). Il s’agit là d’une donnée clé, note M. Léger. Le vote francophone, « c’est ça qui détermine [qui remporte] la majorité des comtés au Québec ».

De tels appuis pour le Bloc n’ont pas été vus depuis 2011, précise M. Léger.

Si la tendance se maintient, les bloquistes pourraient ainsi remporter de 25 à 30 sièges au scrutin fédéral du 21 octobre, estime le sondeur. La formation, qu’on donnait pour morte il n’y a pas si longtemps, comptait à peine 10 députés à la dissolution du Parlement et n’avait même pas le statut de parti officiel pour lequel 12 députés sont nécessaires. 

« La magie a pris »

Depuis le 11 septembre, la campagne fédérale se déroule sans que les intentions de vote ne bougent beaucoup d’un côté ou de l’autre. Jusqu’au Face-à-Face 2019 de TVA, « le moment clé de la campagne jusqu’à maintenant », avance M. Léger.

La piètre performance du chef conservateur Andrew Scheer et la bonne du chef bloquiste ont changé la donne. 

« C’était la première audition d’Andrew Scheer face aux Québécois et il a manqué son coup. La conséquence, c’est que le vote est devenu disponible. Autant Andrew Scheer a manqué sa performance, autant Yves-François Blanchet s’est présenté comme le champion des valeurs québécoises et la magie a pris. »

La remontée du Bloc ne tient pas qu’à la bonne performance de son chef, estime néanmoins M. Léger. 

« Le Bloc s’est inscrit dans la mouvance de la CAQ [Coalition avenir Québec] explique-t-il. [Ce qui convainc] c’est surtout d’avoir un programme semblable à ce que la CAQ privilégie. [...] La loi 21 [sur la laïcité de l’État] est au cœur de ça. Il y a 70 % des Québécois qui l’appuient et le seul parti [fédéral qui fait de même], c’est [le Bloc]. »

Pendant ce temps, les intentions de vote pour le Parti conservateur au Québec sont en chute libre. La formation a perdu neuf points en une semaine. Les données récoltées par Léger montrent que les Québécois redoutent de plus en plus le retour des conservateurs à Ottawa. 

Des plus serrés

Sur le plan national, les troupes de Justin Trudeau et d’Andrew Scheer se retrouvent  au coude à coude à 31 % des intentions de vote. L’issue du scrutin sera des plus serrées. Les deux formations ont perdu des plumes depuis une semaine. 

« Une variation comme ça, c’est puissant. Ça veut dire qu’il y a vraiment un transfert de votes, des conservateurs aux bloquistes [au Québec] et aussi des libéraux au [Nouveau Parti démocratique] NPD [surtout au Canada anglais] », explique M. Léger. 

Gouvernement minoritaire ?

Ces changements d’humeur dans l’électorat injectent une dose d’incertitude supplémentaire dans la campagne. On se dirige tout droit vers un gouvernement minoritaire, mais personne ne saurait prédire lequel, souligne M. Léger. 

Dans ces circonstances, la balance du pouvoir est à portée de main pour les bloquistes, pense-t-il.

Face à cette remontée, M. Blanchet a affiché un optimisme prudent hier. Il s’attend toutefois à être la cible de toutes les attaques ce soir lors de l’ultime débat de cette campagne. 

« Ils vont tous s’acharner sur Yves-François Blanchet. C’est lui qui est la cible. C’est lui qui est le meneur au Québec », lance M. Léger. 

Déjà, les chefs libéral et conservateur ont pris le Bloc pour cible dans leurs attaques hier. 

 
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Le sondage en bref

Intentions de vote au Québec (variation depuis le 2 octobre)

  • Parti libéral | 31% | (-3 %)
  • Bloc québécois | 29% | (+8 %)
  • Parti conservateur | 16% | (-9 %)
  • Nouveau Parti démocratique | 13% | (+3 %)
  • Parti vert | 7% | (-1 %)
  • Parti populaire | 3% | (+1 %)

Intentions de vote chez les francophones du Québec

  • Bloc québécois | 37%
  • Parti libéral | 24%
  • Parti conservateur | 17%
  • Nouveau Parti démocratique | 13%
  • Parti vert | 7%
  • Parti populaire | 2%

Intentions de vote à travers le Canada (variation depuis le 2 octobre)

  • Parti libéral | 31% | (-3 %)
  • Parti conservateur | 31% | (-3 %)
  • Nouveau Parti démocratique | 18% | (+4 %)
  • Parti vert | 11%
  • Bloc québécois | 7% | (+2 %)
  • Parti populaire | 3% | (+1 %)

Méthodologie : Sondage web, mené du 7 au 8 octobre 2019 auprès de 2150 Canadiens du panel en ligne Léger. Une marge d’erreur ne peut pas être calculée pour ce type de sondage