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Une vente d’église stoppée

La communauté musulmane voulait acquérir le bâtiment de Trois-Rivières

Le centre culturel islamique offrait 500 000 $ pour l’église Saint-Jean-de-Bréboeuf.
Photo collaboration spéciale, Amélie St-Yves Le centre culturel islamique offrait 500 000 $ pour l’église Saint-Jean-de-Bréboeuf.

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TROIS-RIVIÈRES | L’évêque de Trois-Rivières a arrêté la vente d’une église catholique à la communauté musulmane à la suite d’une rencontre citoyenne houleuse où des fidèles ont tenu des propos intolérants.

Mgr Luc Bouchard a indiqué jeudi ne pas vouloir attiser la haine.

« Je ne voudrais pas que se reproduise ce qui s’est fait à Québec il y a deux hivers de ça », a-t-il mentionné, faisant référence à la tuerie de la grande mosquée où six personnes ont perdu la vie le 29 janvier 2017.

Il ne croit pas que l’arrêt de la vente donne raison à l’intolérance. L’évêque explique plutôt vouloir « tenter de garantir la paix qui a été perturbée ».

Une offre de 500 000 $

L’église Saint-Jean-de-Brébeuf et la mosquée sont situées face à face sur le même boulevard de Trois-Rivières. L’église n’était pas à vendre, mais le centre culturel islamique de la Mauricie, à l’étroit dans ses locaux, a déposé une offre de 500 000 $ il y a quelques semaines.

Cette offre avait été acceptée à l’unanimité par les gestionnaires de l’organisme propriétaire de l’église. Or, mardi soir, des fidèles ont vivement exprimé leur désaccord dans des propos pas toujours élégants, lors d’une rencontre citoyenne qui visait justement à prendre le pouls de la population sur cette transaction.

L’évêque n’était pas présent, mais a indiqué que la grogne s’était fait sentir bien avant le rassemblement, notamment par courriel. Les propos qui sont ressortis de la rencontre l’ont par ailleurs convaincu de tout arrêter.

Opinions haineuses

Il a dénoncé les opinions haineuses et a souligné que les musulmans et les catholiques avaient plusieurs points en commun.

Mgr Bouchard a répété que la vente n’était que suspendue. L’entente de principe pour la vente n’est toutefois plus valide et il n’y a pas de période définie pour ce temps de réflexion.

« On va prendre un arrêt, on va voir s’il y a d’autres offres, et on va continuer à vivre. Mais il fallait prendre une décision pour calmer les choses », a indiqué Mgr Bouchard.

Il garde espoir de trouver éventuellement un autre acheteur.

Les responsables de la mosquée de Trois-Rivières n’ont pas rendu nos appels.