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Oui, la valeur de votre fonds de pension peut fondre dramatiquement

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Il est de coutume de vanter le caractère sécuritaire et l’intégrité quasi perpétuelle des régimes de retraite à prestations déterminées. Pourtant, les fonds de pension peuvent eux aussi avoir des ennuis sérieux.

Récemment, les employés de Capitales Médias (anciens journaux régionaux de Gesca-LaPresse) ont appris que leur caisse affichait un déficit actuariel à combler de 65 millions de dollars. Cela correspond à un sous-financement d’environ 25 %.

Et voilà que cette semaine, c’est la vénérable General Electric qui doit confesser des difficultés préoccupantes à ce chapitre. GE est dans l’obligation de geler les pensions de 20 000 retraités. Même si elle ne cotise plus aux régimes des nouveaux salariés depuis 2012, elle a accumulé un déficit actuariel de 8 milliards de dollars américains. Depuis trois ans, la valeur boursière de GE a fondu de 71 %.

Ces histoires ne sont pas sans rappeler le triste sort des retraités de la Singer ou encore ceux de la Nortel, qui ont vu leurs prestations amputées de 40 %.

Pourquoi les déficits sont-ils permis ?

Les actuaires estiment qu’un régime en santé a un ratio de solvabilité supérieur à 1.

Cela signifie que la valeur actualisée de toutes les obligations de verser des prestations aux participants est égale ou inférieure à l’actif.

Au Canada, les déficits actuariels des caisses de retraite sont autorisés. La loi de 1985 sur les normes de prestation de pension estime que des facteurs extraordinaires, comme les récessions, les replis boursiers, l’évolution des normes d’hypothèses de rendements, les augmentations des prestations, les baisses prolongées des taux d’intérêt, l’inflation... entraînent des difficultés financières temporaires aux employeurs. La LNPP permet donc les déficits. Mais tôt ou tard, il faudra ajouter des capitaux pour renflouer le fonds.

L’autorité suprême des régimes de retraite sous la loi fédérale est le Bureau du surintendant des institutions financières. Il a le pouvoir de demander des rapports de solvabilité quand bon lui chante, et au moins une fois l’an.

À noter que les régimes de retraite à cotisations déterminées ne présentent pas les mêmes caractéristiques et exigences. Ils dépendent spécifiquement des versements que font les employeurs et les employés. Mais surtout, ils reposent sur les choix d’investissements sélectionnés. Il est donc particulièrement important que les cotisants s’y intéressent activement.

♦ Fabien Major est planificateur financier et conseiller chez Major Gestion Privée inc., succursale de Gestion de patrimoine Assante ltée, à Outremont.

Conseils

  • Un sous-financement d’une caisse de retraite peut engendrer, dans le pire des cas, une diminution proportionnelle des rentes. Ainsi, un régime déficitaire de -25 % pourrait devoir couper le quart des prestations de ses participants.
  • Si vous œuvrez dans un secteur économique fragile ou que votre employeur éprouve des difficultés financières, informez-vous sur la solidité de votre régime de retraite et dotez-vous d’un fonds d’urgence personnelle. Il est hasardeux de se fier à son fonds de pension comme source UNIQUE de revenus de retraite.
  • Par prudence, pensez à cotiser à votre REER, au REER de conjoint, et au CELI.
  • Une fois l’an, prenez le temps de bien analyser les détails et soupeser les options de votre régime.