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Plus de cas de rage, dû au réchauffement

Des chercheurs québécois sonnent l’alarme

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Le réchauffement climatique risque de faire augmenter les cas de rage au Canada et possiblement ailleurs dans les pays nordiques, alertent des chercheurs québécois.

Une équipe de chercheurs de l’Université de Montréal (UdeM) s’inquiète du risque de propagation de la rage portée par le renard arctique, dont le territoire est limité présentement au nord du 55e parallèle, soit le Nunavik, dans la péninsule d’Ungava.

Le Groupe de recherche en épidémiologie des zoonoses et santé publique (GREZOSP) craint que ce virus mortel pour les humains soit transmis au renard roux, un animal commun au sud du Québec.

« Les deux espèces étaient jusqu’à maintenant isolées, mais le réchauffement climatique fait en sorte que l’habitat du renard roux s’étend vers le nord. Une contamination pourrait être préoccupante tant pour la faune que pour la santé humaine », explique le Dr André Ravel, professeur à la Faculté de médecine vétérinaire de l’UdeM et directeur du GREZOSP.

Depuis 1947, les scientifiques de cette équipe, qui est la référence au pays sur le sujet, surveillent une forme de rage appelée « rage vulpine », dont le renard arctique est le principal porteur.

André Ravel, Docteur, chercheur et professeur
Photo courtoisie
André Ravel, Docteur, chercheur et professeur

Prévenir les épidémies

Des chercheurs du GREZOSP ont mis au point des modèles de transmission du virus de la rage, afin de prédire comment il pourrait se propager, dans le but de prévoir et de limiter au maximum les cas d’épidémies.

« Une fois que la rage vulpine du renard arctique s’installe dans le renard roux, celui-ci pourrait l’amener par la suite plus au sud du Québec et le disperser sur un territoire plus grand », confirme le Dr Ravel.

Ce dernier rappelle que tous les mammifères, incluant l’humain, sont à risque de contagion de ce virus mortel lors de la rencontre avec un animal enragé.

La transmission se fait par la salive, soit par une morsure ou un coup de griffe.

« La propagation du virus par le renard roux pourrait avoir lieu très lentement et progressivement, mais comme avec le SRAS en 2003 [une autre maladie transmissible des animaux aux humains], des circonstances uniques peuvent causer quelque chose de brutal et d’inattendu », avertit le Dr Ravel.

Camping et chasse

L’arrivée plus précoce de la chaleur au printemps et son départ plus tardif en automne agrandissent la période durant laquelle une transmission de la rage peut se produire.

« Les activités extérieures des personnes du sud, comme le camping, la chasse ou les randonnées dans des aires plus sauvages dans le nord vont augmenter, ce qui les expose aux animaux porteurs du virus de la rage », indique le vétérinaire et spécialiste en épidémiologie.

La quantité de travailleurs allant au-delà du 55e parallèle est en hausse également, ce qui augmente les risques de contact avec des animaux porteurs du virus, comme les chiens domestiques, qui sont très présents dans les villages du Nunavik.

« Déjà, on a trouvé quelques cas de chiots, transférés du nord au sud, qui étaient porteurs du virus de la rage », soulève le Dr Ravel.