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Un vent d’espoir venu du sud?

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À l’approche des élections fédérales du 21 octobre prochain au Canada, il est peut-être bon de jeter un bref coup d’œil sur les changements ou non changements qui risquent de se produire autour de nous, un peu plus au sud. 

Trois élections importantes auront lieu en octobre en Amérique latine, qui seront sans aucun doute l’occasion de redéfinir la carte du « progressime » dans cette région. Ce sera tout un défi, si on tient compte de la chape de plomb qu’impose l’actuel président nord-américain, Donald Trump, sur son pays et ses satellites latinos, comme le Brésil et la Colombie, deux joueurs importants sur l’échiquier géopolitique. 

D’abord, la Bolivie, officiellement l’État plurinational de Bolivie, le 20 octobre. Sept millions d’électeurs doivent élire un président, un vice-président, des sénateurs, députés et autres représentants gouvernementaux. Le président actuel, Evo Morales, qui dirige le parti Movimiento al socialismo (MAS), a de bonnes chances de l’emporter de nouveau et il est en avance dans les sondages. Donc, dans ce cas-ci, stabilité politique et prospérité économique, même si au cours des derniers mois, l’opposition, encouragée et soutenue par les puissances d’argent étatsuniennes, a tenté de déstabiliser le gouvernement du MAS. Car la Bolivie, même si elle n’a toujours pas d’accès à la mer, ce qu’elle revendique depuis longtemps auprès du Chili, est un pays prospère grâce à ses multiples ressources naturelles qui font l’envie des multinationales. 

La pièce maîtresse est sans aucun doute l’Argentine où plus de trente-trois millions d’électeurs se rendront aux urnes le 27 octobre pour élire un président, un vice-président, des sénateurs et des députés. L’actuel président Macri, chantre du néolibéralisme à la tête d’un gouvernement de droite, a plongé le pays dans une crise profonde en se mettant sous la coupe de ce faux sauveur qu’est le Fonds monétaire international (FMI) qui lui refilé un prêt empoisonné de 57 milliards de dollars, provoquant une dévaluation du peso argentin. Plus de 40% de la population vit sous le seuil de la pauvreté, ce qui est inacceptable dans un pays réputé prospère. Depuis plusieurs mois la révolte gronde. Des élections primaires ont eu lieu le 11 août dernier et on a pu ainsi constater que la formation progressiste constituée par les candidats Alberto Fernandez et l’ex-présidente Cristina Fernandez de Kirchner était nettement en avance. Selon les derniers sondages, les électeurs ne changeront pas leur vote et on parle même d’une victoire du duo Fernandez-Fernandez au premier tour. 

Cette victoire donnerait un sérieux coup de barre au camp progressiste, sérieusement malmené depuis quelques années, alors que Cuba fait l’objet d’un véritable encerclement qui vise à l’étouffer et à le priver du pétrole nécessaire pour faire rouler son économe, et que le Venezuela est la cible d’attaques constantes de la part de l’administration Trump et de son satellite colombien. D’ailleurs, à quelques semaines du scrutin, le candidat présidentiel n’a pas craint lui, contrairement au chef du Bloc québécois, de réaffirmer son soutient au gouvernement légitime de Nicolas Maduro, annonçant du même coup que s’il était élu, il retirerait l’Argentine du Groupe de Lima, ce lobby de conspirateurs sous influence étatsunienne dont la mission est de déstabiliser le gouvernement vénézuélien. François-Yves Blanchet aurait-il peur de chagriner Trump en affirmant une simple neutralité à l’égard du Venezuela, nouvel ennemi juré de l’administration étatsunienne ? 

L’autre scrutin présidentiel aura lieu en Uruguay, petit pays adossé à l’Argentine, où le 27 octobre, quelque deux millions d’électeurs éliront président, vice-président, sénateurs et députés. La coalition de gauche Frente Amplio (Front élargi ou Front ample), avec son candidat Daniel Martinez, mène actuellement dans les sondages. Cette fois, ni Pepe Mujica ni le président sortant Tabaré Vasquez, tous deux du FA, ne figurent sur les bulletins de vote. 

Pendant ce temps, l’Équateur est en crise, à la suite des mesures prises par le président vire-capot Lenin Moreno, lesquelles lui ont été imposées par le FMI. L’ex-président de gauche Rafael Corea a appelé à des élections anticipées pour résoudre la crise. 

Si la tendance se maintient, le panorama politique risque donc d’être modifié, d’ici la fin du mois d’octobre, tant au Québec et au Canada qu’en Amérique du Sud, avec une très possible victoire des forces progressistes en Argentine. À suivre de près.