/news/society
Navigation

Adieu à l'hôtel-Dieu

8 avril 1936

Avant Après
Photo courtoisie Archives de la Ville de Montréal, VM166-1-2-D036, R3320-2_3840-007
Photo Ben Pelosse

Coup d'oeil sur cet article

UNE COUPOLE DISTINCTIVE

Au carrefour de l’avenue des Pins et de l’avenue du Parc, une coupole bien connue des Montréalais forme un point de repère distinctif. Les vieux murs de pierre de l’Hôtel-Dieu abritent les malades depuis 1861, mais l’institution elle-même est presque aussi âgée que la ville de Montréal ! Le site d’origine de l’hôpital se trouve sur la rue Saint-Paul, à l’emplacement actuel des Cours Le Royer. Inaugurée d’abord le 8 octobre 1645, c’est l’une des premières constructions publiques érigées à l’extérieur du fort Ville-Marie, dans les toutes premières années de la jeune colonie. Son déménagement au XIXe siècle vise à augmenter l’espace et à offrir aux malades un environnement plus sain, sur les pentes de la montagne, où l’air n’est pas vicié par l’activité industrielle du vieux quartier. Aujourd’hui, alors que le nouveau CHUM absorbe son équipe médicale, on s’interroge : qu’adviendra-t-il de l’institution centenaire et de ses pavillons patrimoniaux ?

LE PAVILLON LE ROYER

Nommé en l’honneur de Jérôme Le Royer de la Dauversière, instigateur du projet de fondation de Montréal, le pavillon Le Royer est ajouté à l’ensemble de l’Hôtel-Dieu en 1942, l’année du tricentenaire de la fondation de la ville. Il sera bientôt suivi de deux autres nouveaux pavillons honorant l’histoire de l’institution : Jeanne-Mance et De Bullion. Il est bâti à l’origine pour offrir aux patients plus fortunés une aile au confort accru, près de la chapelle des religieuses. Davantage de lumière pénètre dans les chambres aux fenêtres plus grandes. Les rotondes centrales à chaque étage offrent aussi un espace commun pour profiter, en saison, de l’air frais et de la vue sur la montagne et sur le jardin des Hospitalières. On planifie à l’époque une cour pour les nouveaux pavillons qui s’arrimeront au reste du bâtiment plus ancien. On cherche ainsi à garder l’harmonie de l’ensemble, malgré la grande diversité de patients et de soins dans cet immense hôpital.

LES RELIGIEUSES HOSPITALIÈRES DE SAINT-JOSEPH

Photo courtoisie Archives de la Ville de Montréal, VM166-1-2-D036, R3320-2_3840-006

Les Hospitalières de Saint-Joseph, grandes dispensatrices des soins de l’hôpital avant les années 1960, vivent aussi sur les lieux. Leur couvent, à quelques portes de l’entrée principale, accueille aujourd’hui un musée consacré à leur œuvre. Leur jardin constitue une oasis en pleine ville : arbres fruitiers et massifs de fleurs côtoient de grands feuillus, dans une atmosphère paisible. Difficile de se croire si près de la ville ! Il fut une époque où un passant pouvait reconnaître d’un coup d’œil à leur costume les religieuses et leur congrégation. Le voile des Hospitalières est traditionnellement noir. Le voile blanc est réservé aux novices, de jeunes religieuses en formation. À la fin des années 1950, leur costume devient entièrement blanc, en concordance avec l’hygiène obligatoire dans un contexte de travail médical. Ce n’est qu’à partir des années 1970 à 1990 que les différentes congrégations abandonnent leur costume traditionnel pour un costume plus laïque.