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Faire la paix avec la mort

La pièce Le dernier sacrement est une comédie immersive sur la fin de la vie et sur la tolérance

Le dernier sacrement
Photo courtoisie Denis Bouchard joue le rôle de Denis Prud’Homme, un ex-professeur de sciences politiques en phase terminale, et Ayana O’Shun, celui d’une infirmière dans une unité de soins palliatifs. 

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Denis Bouchard a eu une bonne idée. Sa comédie Le dernier sacrement, qu’il croyait présenter 10 fois, en mai 2018, à l’occasion d’une activité-bénéfice, sera sur la route jusqu’en 2020. La pièce pourrait même devenir un film.

« Je suis étonné par la tournure que ça prend. Je vais faire 12 000 km cet automne au Québec. C’est l’équivalent d’un aller-retour Montréal-Buenos Aires. C’est capoté. Je ne m’attendais pas du tout à ça », a-t-il lancé, devant un œuf miroir dans un restaurant du Vieux-Port de Québec.

À l’affiche, le 27 octobre, à la Salle Albert-Rousseau, Le dernier sacrement raconte l’histoire d’un ancien professeur de sciences politiques atteint d’un cancer et qui attend la mort dans une unité de soins palliatifs.

Une conférence devenue pièce

« Il n’est pas croyant, mais il doute. Il aime mieux ne pas prendre de risque dans l’éventualité que Dieu existe. Il va avoir des discussions avec son infirmière, qui, elle, est croyante », a indiqué Denis Bouchard.

C’est en effectuant des recherches sur les religions et leurs dogmes, un sujet qui l’intéresse, qu’il s’est fait suggérer d’aller visiter des unités et des maisons de soins palliatifs.

« On m’a dit que c’est là qu’avaient lieu les crises de foi », a-t-il mentionné.

Denis Bouchard avait une peur terrible d’aller dans ces endroits.

« J’avais des images en tête de mouroirs tristes comme la mort. C’est tout le contraire que j’ai vu. J’ai trouvé de la dignité, un respect de la fin de la vie, des gens qui y travaillent qui sont des anges, et aussi beaucoup d’humour », a-t-il décrit.

Denis Bouchard a observé que les gens qui font la paix avec leur propre vie et avec leur propre mort réussissent à mourir en paix. Il a eu l’idée, avec ce qu’il a découvert, de préparer une sorte de conférence, qui est ensuite devenue une pièce.

La pièce Le dernier sacrement a été présentée 10 fois, lors de sa création, à l’occasion d’une activité-bénéfice, dans une salle de classe du Centre hospitalier universitaire de Montréal. Une soixantaine de personnes étaient admises par représentation.

Il y a eu, ensuite, des représentations au Théâtre Outremont, et la pièce est sur la route depuis un an.

Une des particularités de cette œuvre, qui met en vedette Marylou Belugou, Denis Bouchard et Ayana O’Shun, est la mise en place d’une expérience immersive qui se déroule avant le spectacle.

Discuter sans s’engueuler

Dans chaque ville, deux personnes sont invitées à se glisser dans la peau d’un patient ou d’un infirmier et à donner vie à de petites scènes qui se déroulent dans deux petites chambres d’hôpital aménagées dans le hall d’entrée.

« Ce sont des petits moments que j’ai observés lors de mes visites aux soins palliatifs. Ça donne le ton », a-t-il mentionné.

Le dernier sacrement, précise Denis Bouchard, est une pièce sur la tolérance.

« Il y a des personnages sur scène qui ne sont pas d’accord les uns avec les autres. Ils ne s’engueulent pas et ils ne se traitent pas de racistes, de xénophobes, d’islamophobes ou de n’importe quoi. On peut parler de ces sujets pointus sans s’envoyer promener », a-t-il fait savoir.

Le dernier sacrement est présentée le 27 octobre, à 20 h, à la Salle Albert-Rousseau.