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La mauvaise semaine de Québec solidaire

Québec solidaire souhaite être vu comme un grand parti à l’Assemblée nationale. Cela vient avec des responsabilités.
Photo Simon Clark Québec solidaire souhaite être vu comme un grand parti à l’Assemblée nationale. Cela vient avec des responsabilités.

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Il y a un an, Québec solidaire flottait sur un nuage. Le jeune parti de gauche avait réalisé une prouesse : faire élire dix députés au cours d’une campagne où tout leur souriait. Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois se délectaient à l’idée que QS soit devenu un « grand parti ».

Sauf que... agir comme un grand parti, élu dans un parlement, cela vient aussi avec une part de responsabilités. Le lendemain de l’élection, l’élu travaille pour l’ensemble des citoyens, il participe à l’adoption des lois qui s’appliqueront à tous.

Cette semaine, Québec solidaire n’a tout simplement pas été à la hauteur. C’est la conclusion à tirer de son incapacité à dénoncer la désobéissance civile, après que des exaltés imprudents eurent grimpé dans la structure d’un pont. Ce geste égoïste et irresponsable devait être dénoncé. La mairesse Valérie Plante, pourtant une convaincue des changements climatiques, a bien tracé la ligne entre une cause importante et des gestes inappropriés de désobéissance civile.

S’enliser

Québec solidaire a pataugé dans les explications boueuses. La situation s’est empirée lorsque nous avons appris qu’une des grimpeuses savantes militait pour ce parti. En panique, c’est Gabriel Nadeau-Dubois qu’on a envoyé en pompier pour défendre l’indéfendable.

Celui-ci a traité d’idiot le ministre de l’Environnement, et par ricochet l’ensemble de ceux qui ont critiqué les manifestants radicaux. Dans la même métaphore, il a qualifié de « sages » les députés de Québec solidaire ainsi que les champions qui ont provoqué la fermeture du pont. Quel mélange de manque de respect et de manque de jugement !

Plus tard dans la semaine, une députée de Québec solidaire a refusé son consentement à une prolongation de quelques minutes des travaux de la commission parlementaire sur les taxis. Il restait sept articles à discuter. Enfantillages.

Les députés de QS disent que ce rapport de force a permis de négocier un gain : le ministre des Transports a inclus un article dans la loi disant que tous les taxis devront être électriques en 2050. En 2050, le ministre Bonnardel aura dépassé les 80 ans et on ne sait même pas si la technologie de l’auto électrique existera encore ou aura été remplacée par mieux. Farfelu.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Les adversaires mordent

Durant cette semaine, les partis adverses n’ont pas hésité à critiquer publiquement et sévèrement Québec solidaire. Même le premier ministre et le chef de l’opposition s’en sont mêlés. Ce phénomène est plutôt nouveau puisque, auparavant, les adversaires laissaient passer, surtout lorsque QS se drapait dans la cause verte.

Je dirais que le ton a changé depuis que le chef péquiste Pascal Bérubé a attaqué de front Québec solidaire sur l’environnement, le mois dernier. Il avait accusé QS « d’instrumentaliser la cause de l’environnement pour son profit politique ».

C’est une accusation qui fait mal. Quand Manon Massé parle de pauvreté, on sait qu’elle parle du cœur. Lorsqu’elle parle de changements climatiques, on sait qu’elle calcule le potentiel électoral, en particulier chez les jeunes.