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La télévision en constante évolution

La télévision en constante évolution
Photo courtoisie, MIPCOM

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Afin de rester compétitive, notre télévision doit se faire voir hors de nos frontières. Ses créateurs doivent aussi garder leurs antennes alertes à tout ce qui se développe autour de la planète. Chaque année, à cette période à Cannes, se déroule le MIPCOM, marché mondial de l’audiovisuel. C’est le moment de faire le plein d’idées et de développer des contacts. Alors que notre consommation télévisuelle change, voici quelques enjeux qui y seront abordés.

La diversité

La question de la diversité à l’écran n’est pas qu’une préoccupation québécoise ou nord-américaine. C’est un enjeu planétaire. Diversité de genre, diversité d’orientation, diversité ethnique. Pour fidéliser un auditoire, il doit se reconnaître. Pour encourager les producteurs à proposer des projets dans lesquels se trouve cette diversité, le MIPCOM organise pour une 3e année les Diversify TV Excellence Awards.

On y retrouve sept catégories : Meilleure représentation ethnique en fiction et non-fiction, Meilleure représentation LGBTQ+ en fiction et non-fiction­­­, Meilleure représentation d’un handicap en fiction et non-fiction et Meilleure programmation pour enfants tous genres.

En regardant les nommés de cette année, on observe que les Britanniques ont une longueur d’avance, particulièrement en matière de diversité ethnique. Parmi les nommés dans la catégorie LGBTQ­­­+, on retrouve la série américaine Younger créée par Darren Star (Beverly Hills 90210, Sex and the City), diffusée actuellement sur Ici.Tou.TV.

<i>Younger</i>
Photo courtoisie, TV LAND
Younger

Trouver sa plateforme

Un des thèmes du MIPCOM de cette année : The Streaming Offensive. Des joueurs influents de la diffusion en continu sont rassemblés afin de discuter des problématiques liées aux nouveaux modèles de distribution et de consommation des contenus. Cette transformation de notre écosystème va entraîner de nouvelles façons de produire et de nouveaux partenariats. Des dirigeants d’Amazon Studios et de WarnerMedia figurent parmi les conférenciers.

Actuellement, les différentes plateformes s’arrachent les plus gros succès télé et développent de plus en plus de contenu original. Netflix a notamment fait une offensive dans le créneau jeunesse en prévision de l’arrivée de Disney+ qui diffusera dès le 12 novembre et qui détient les franchises Star Wars et Marvel. C’est aussi en novembre que la nouvelle chaîne de visionnement en continu d’Apple, Apple TV+ (dès le 1er novembre) va s’inscrire dans notre paysage. La plateforme a investi dans les gros canons Jennifer Aniston, Reese Witherspoon et Steve Carell, qui sont les vedettes d’une série à gros budget, The Morning Show.

<i>The Moring Show</i>
Photo courtoisie, Apple TV+
The Moring Show

Au printemps prochain, NBC et Universal lanceront Peacock et WarnerMedia, HBO Max. Cette dernière pourra bénéficier des succès de HBO dont Game of Thrones, mais aussi de ceux de Warner Bros, dont Friends, qu’elle a racheté à Netflix pour 400 millions de dollars afin de la diffuser dès janvier. Netflix perdra aussi une autre franchise lucrative d’ici 2021, celle de The Office, que NBC/Universal a repris pour un demi­-milliard de dollars. Preuve que la télé rapporte encore des sous. Deux défis s’imposent : trouver sa personnalité et convaincre le public de payer pour voir ses productions. Bref, ça risque de nous coûter cher ou de nous demander une gestion d’abonnement particulière.

Le thriller, l’indémodable

Cette multiplication des plateformes représente aussi un défi pour les chaînes traditionnelles si elles souhaitent conserver leurs abonnés. Elles devront créer et acquérir les productions les plus proches de leur ADN ou les plus rassembleuses. De tous les genres de séries télévisuelles, les séries policières connaissent toujours la même popularité. C’est aussi un genre qui s’exporte bien. Ses codes sont internationaux. L’émotion qu’elles créent est aussi contagieuse, où que l’on soit.

Comme on cherche toujours le prochain bon thriller, on en projette souvent dans les marchés comme le MIPCOM. Ce marché est l’occasion pour de gros joueurs de la télé de faire connaître leurs nouvelles productions. Il n’est pas rare que certains titres y soient présentés en primeur afin d’intéresser les acheteurs. Un tel investissement extérieur peut assurer la pérennité d’une production qui ne peut être financée à la hauteur de ses besoins.

<i>Devils</i>
Photo courtoisie, SKY
Devils

Parmi les primeurs auxquelles nous pourrions éventuellement avoir accès, notons Devils, un thriller qui se déroule sur fond de crise financière. Patrick Dempsey (Grey’s Anatomy) en est la vedette. Agent Hamilton est un thriller d’espionnage suédois qui se déroule dans un contexte militaire alors qu’un officier est pris dans une enquête pour meurtre dont des détails ont fait l’objet d’une cyberattaque­­. Ces deux séries figurent parmi la dizaine qui aura droit à une projection spéciale.

<i>Agent Hamilton</i>
Photo courtoisie, MIPCOM
Agent Hamilton

The Wall – La faille

Maripier Morin dans <i>La faille</i>
Photo courtoisie, PIXCOM
Maripier Morin dans La faille

Grâce à son partenariat avec le distributeur international d’origine allemande Beta Film, la maison de production québécoise Pixcom a présenté en avril dernier la série Victor Lessard. Les acheteurs et diffuseurs de partout verront cette fois-ci une nouvelle série québécoise très attendue. À la programmation des événements du 14 octobre figure The Wall – Cover Your Tracks, titre anglais pour la série La faille que nous verrons dès le 12 décembre sur Club illico. Cette série qui met en vedette Isabel Richer et Maripier Morin se déroule à Fermont, une ville de la Côte-Nord bâtie dans un mur où une danseuse nue est retrouvée sans vie.

Isabel Richer dans <i>La faille</i>
Photo courtoisie, PIXCOM
Isabel Richer dans La faille

Notons que plusieurs séries québécoises sont vendues à l’étranger. Un gars, un fille, LOL, Les Parent, mais aussi tout récemment Boomerang et Pour Sarah ne sont que quelques exemples de séries qui ont trouvé un public hors de nos frontières.

L’ultra haute définition

On vient à peine de passer à la haute définition que l’on nous propose d’acheter des télévisions 4K (sur le marché depuis 4 ou 5 ans). Mais voilà, nous sommes déjà complètement dépassés. Les technologies continuent de se raffiner pour nous offrir une expérience télévisuelle on ne peut plus près de la réalité. Lors du MIPCOM, des séries en 8K seront présentées.

Qu’est-ce que le 8K ? Il s’agit d’une technologie de très haute définition qui permet de visua­liser un contenu avec une précision inégalée. Les Japonais en sont les leaders. Les diffuseurs japonais aimeraient d’ailleurs que les prochains Jeux olympiques (à Tokyo en 2020) soient retransmis en 8K via une chaîne par satellite. On teste, semble-t-il, la technologie depuis près de 2 ans. France Télévision a elle aussi mené des tests lors du dernier tournoi de tennis de Roland-Garros­­­. D’ailleurs, le 8K permettrait de suivre un événement sportif comme si on y était. Mais la diffusion en 8K dépend du déploiement du réseau mobile 5G qui n’est pas encore installé et que certains territoires refusent.

Quoi qu’il en soit, les Japonais ne reculent pas devant cette technologie et proposeront à Cannes en grande primeur un film d’époque, Kikyo - The Return, tourné en 8K. Il s’agit d’un film de samouraï comme on en voit peu.

<i>The Return</i>
Photo courtoisie, MIPCOM
The Return

► Le MIPCOM du 14 au 17 octobre à Cannes.