/24m
Navigation

Le «colis-voiturage» révolutionne la livraison

Coup d'oeil sur cet article

Des lignes aériennes américaines, dont Alaska, Southwest et United, ont trouvé le meilleur moyen de retourner les bagages égarés chez leurs légitimes propriétaire : en les faisant livrer par un voisin qui s’adonne à revenir de l’aéroport.

Pourquoi recourir à un service de livraison professionnel si on peut utiliser les déplacements de monsieur et madame tout le monde pour faire porter les colis?

En ce moment, rapporte le magazine The Economist, les services et applications de colis-voiturage (ou «crowdshipping») prolifèrent. Parce que tout voyageur est un livreur potentiel pour son voisin ou son collègue de travail. Tant qu’à se déplacer, si on peut faire des sous en transportant un paquet vers là où on allait de toute façon, pourquoi pas ?

Foisonnement

Aux États-Unis, Roadie permet à n’importe qui de s’improviser «livreur» au gré de ses déplacements. C’est cette application, alliée à la chaîne Home Depot, que les lignes aériennes mentionnées ci-dessus utilisent pour dénicher opportunément des «livreurs de valises» parmi les gens qui rentrent de l’aéroport.

Une application similaire, appelée Rappi, fonctionne dans une cinquantaine de villes latino-américaines. À Manille, la capitale des Philippines, un service appelé Jojo transforme les usagers de la route en livreurs occasionnels. En Asie, des dizaines d’applications se concurrencent.

Du côté de l’Afrique, je découvre des applications comme Jwebi, KakoExpress et Colisdays. Plus le service postal d’un pays laisse à désirer, ai-je l’impression, plus le colis-voiturage devient utile.

International

Au Québec, des initiatives de colis-voiturage ont vu le jour, mais, à ce que je sache, aucune n’a pu décoller. Sans doute parce que les services existants sont efficaces et abordables. Plusieurs Montréalais s’annoncent toutefois dans l’application belge PiggyBee où les voyageurs, souvent des agents de bord, offrent de livrer des colis ou des objets à Paris ou New York.

Bref, si vous prenez l’avion, vous pouvez livrer des colis et faire des sous : l’application Grabr fonctionne selon ce principe, notamment pour faire venir de l’étranger des produits localement introuvables. Par exemple, dans un pays du tiers monde où Apple n’a pas de boutique et ne livre pas, quelqu’un vous paiera une commission si vous lui apportez un iPhone neuf. L’application retient le montant total de l’acheteur en fidéicommis. 

En furetant, je découvre d’autres services du genre : Dacopack, Cocolis, Globshop, Drivoo, Colisbree, etc. Ça donne le tournis! Uber et Amazon explorent aussi le domaine du colis-voiturage. Un joueur dominant finira bien par émerger. Pour l’instant, c’est le Far West.