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Voir derrière le voile

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Mon cher neveu, l’an prochain tu commenceras la maternelle. Tu sais quoi, mon beau Gustave ? Je souhaite que tu aies une femme voilée comme enseignante.

Depuis son entrée en vigueur il y a près de quatre mois, la loi 21 oblige les femmes voilées qui entrent sur le marché du travail à retirer leur voile pour enseigner. Les enseignantes qui arboraient le voile en date du 27 mars 2019 peuvent le garder si elles conservent la même fonction dans la même commission scolaire.

Pourquoi j’aimerais que tu aies une femme voilée comme enseignante ? Parce que tu apprendrais à voir derrière le voile. Voir que sous ce bout de tissu, il y a un être humain avec qui tu évolueras, riras et apprendras.

Je souhaite que tu aies aussi un enseignant homosexuel, une intervenante scolaire autiste, une directrice en fauteuil roulant. Je veux que tu sois en contact avec la diversité, parce que c’est elle qui compose le monde dans lequel tu vas évoluer.

L’école de la vie

Vous connaissez sûrement cette école. Cette institution où il n’y a pas de bulletin, où les enseignantes n’ont pas besoin de diplôme pour donner des leçons, où il n’y a pas de salle de classe. Dans cette école, tout le monde enseigne à tout le monde : grâce à des expériences de vie multiples, des connaissances, des valeurs différentes.

Pourquoi notre système scolaire québécois ne refléterait-il pas cette vraie vie que l’on côtoie tous les jours ? Pourquoi ne pas mettre les enfants en contact avec cette diversité qui a le pouvoir d’éduquer ?

Le seul voile à enlever est celui qui recouvre les différences. Il est temps de donner aux enfants les outils qui leur permettront de percevoir l’humain derrière les stéréotypes.

Mon filleul Gustave, je souhaite que sur les murs de ton cœur soit accroché ton diplôme de l’école de la vie.