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Le cannabis et l'expérience américaine

Le cannabis et l'expérience américaine
Sheri Determan/WENN.com

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Il m'arrive souvent de considérer que les États-Unis constituent pour le Québec et le Canada un vaste laboratoire. Certaines modes et certains mouvements s'y développent avant de traverser la frontière. Ce fut le cas pour la légalisation du cannabis et je me suis intéressé à un article qui brosse un tableau de la situation en 2019.  

 En 2012, le Colorado et l’État de Washington devenaient les premiers États à légaliser de petites quantités de cannabis. Depuis, de nombreux autres États l’ont fait et l'on évalue à 60% le nombre d’Américains qui y sont favorables. Trente-trois États autorisent le recours au cannabis à des fins médicales et 11 autres le permettent à des fins récréatives pour les adultes. Le marché est très lucratif et les retombées se chiffrent en milliards. Le secteur permet à plus de 200 000 personnes de travailler.    

(Informations complètes sur le site du Pew Research Center)    

Si des Américains consomment librement du cannabis et si cela permet à des producteurs de s’enrichir, on oublie cependant que plusieurs de leurs concitoyens, lorsqu'ils se livrent aux mêmes activités, sont encore arrêtés et finissent derrière les barreaux.    

Ce n’est pas parce que certains États ont modifié leur législation que le gouvernement fédéral l’a fait. Nous nous retrouvons ici dans une situation paradoxale qui teste les limites du pouvoir du fédéralisme. Rarement depuis le début de l’histoire américaine a-t-on rencontré une situation similaire.    

Cette situation unique crée des problèmes dont les solutions, quand elles existent, sont complexes. Déjà, le travail des forces de l’ordre n’est pas simple. Il faut clairement délimiter ce qui est partagé entre les autorités locales et fédérales. Ajoutons à cela le fait que la loi fédérale rend l’accès à des comptes bancaires impossible pour les gestionnaires de commerces liés à la vente de cannabis. On doit donc mener toutes les opérations en argent comptant. Et puis, de quelle façon paie-t-on ses impôts au fédéral quand la loi nous désigne comme trafiquant de drogue?    

Vous imaginez sans peine que les législateurs, sur le plan local comme au fédéral, travaillent déjà à trouver de nouvelles définitions et de nouvelles législations qui correspondent à cette nouvelle réalité. Mais le temps presse.    

En attendant, des cas à la limite du ridicule continuent d’être soulevés. Par exemple sur l'île de Nantucket, au Massachusetts. L’île est rattachée à un État qui autorise la vente de cannabis à des fins récréatives, mais les lois fédérales interdisent le transport aérien ou maritime de produits du cannabis. Le petit dispensaire de l’île doit donc lui-même assurer la production et le contrôle.    

Je vous laisse ici le lien vers un article plus détaillé sur le site POLITICO.