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Un Pyroman qui ne met pas le feu

Martin Petit présentait son quatrième spectacle solo, mardi, à L’Olympia

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 On aurait souhaité que Martin Petit mette le feu à L’Olympia, mardi, pour la première de son nouveau spectacle solo, Pyroman. Malheureusement, la braise ne s’est jamais enflammée. 

 Neuf années s’étaient écoulées depuis le dernier spectacle de Martin Petit. En 2010, nous avions adoré son Micro de feu, qui s’élevait vraiment au-dessus de la mêlée grâce à son originalité. 

 Avec Pyroman, même si Petit nous fait sourire à quelques reprises avec de bonnes lignes, son spectacle se retrouve plutôt dans le milieu du peloton face à la compétition actuelle, très solide, en humour. 

 Dès son arrivée sur scène, mardi soir, on sentait l’humoriste bien nerveux de jouer devant des amis, collègues et médias pour la première fois en près d’une décennie. 

 À quelques moments durant la soirée, on l’a vu manquer de rythme et même se tromper dans un gag sur le décrochage scolaire. 

 Travail en solo 

 Ce Pyroman contient pourtant plusieurs bonnes idées, mais tout au long du spectacle, on cherche des sujets sur lesquels s’accrocher. Car aussitôt une bonne blague envoyée, Martin Petit passe rapidement à un autre sujet. 

 Pour ce grand retour sur scène, l’humoriste a pris le pari de travailler en solo. Même s’il a demandé conseil à quelques collègues, Petit s’est chargé lui-même de la mise en scène et des textes du spectacle. Avoir eu un œil extérieur pour resserrer le tout et tisser des liens aurait vraiment amélioré le spectacle. 

 En neuf ans d’absence, l’humoriste avait visiblement énormément de sujets qu’il voulait aborder. En sautant souvent du coq-à-l’âne, il parle notamment de sa nouvelle cinquantaine (« Il me reste combien à vivre ? Un chien, un chien et demi »), des handicapés (« Ç’a évolué depuis Terry Fox. Aux Jeux paralympiques, tous ceux qui n’ont pas de jambes courent plus vite que moi »), des cours d’éducation sexuelle, de Michael Jackson, du 11 septembre et des menstruations. 

 Manque de discernement 

 Mais quand il se met faussement dans la peau de certaines personnes racistes, notamment en parlant de la burqa et des Latinos qui devraient enseigner aux jeunes l’éducation sexuelle, on sourcille en constatant que Petit est peut-être effectivement rendu, comme il le suggère lui-même, un « mononcle » dans la cinquantaine. 

 Plus loin, en parlant du mouvement #metoo, il se demande pourquoi aucun rockeur des 40 dernières années n’a été accusé de gestes déplacés. Sa réflexion bifurque ensuite sur une idée farfelue : « Si demain matin, toutes les filles au Québec avaient un gun et les gars non, il me semble que ça réglerait des affaires... » Pour celui qui s’était fait un peu le porte-étendard de ses collègues lors des scandales de l’automne 2017, avec la création du festival Grand Montréal comique, voilà des blagues semi-ironiques qui laissent songeur. 

 Martin Petit voulait mettre le feu avec Pyroman. Malheureusement, son quatrième spectacle solo a parfois eu des airs de réchauffé.