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À qui la faute?

Russ Anber, Vieux routier de la boxe
Photo Stevens LeBlanc Russ Anber, Vieux routier de la boxe

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PHILADELPHIE | Il est difficile de mettre le doigt sur les causes précises qui mènent au décès d’un boxeur après un combat.

Elles sont multiples, selon les différents intervenants rencontrés jeudi. Pour Russ Anber, ça commence par un meilleur encadrement des pugilistes.

« On pourrait éviter certains décès avec de bonnes personnes de boxe qui s’occupent bien de leurs protégés, a indiqué celui qui est dans ce milieu depuis 40 ans. Ce n’est pas normal de voir des vidéos sur YouTube dans lesquelles tu vois des gars qui ont toutes les misères du monde à faire leur poids.

« Ça démontre qu’il y a un problème de ce côté. Il y a plusieurs personnes qui ne savent pas ce qu’ils font. »

Il entend des histoires inquiétantes sur une base régulière.

« Un matchmaker va appeler un gérant ou un entraîneur pour offrir un combat de 10 000 $ à son boxeur. Il lui demande si l’athlète peut faire 135 lb et le responsable répond dans l’affirmative même si son boxeur pèse 160 lb à deux semaines de l’affrontement.

« S’il refuse, le matchmaker revient à la charge en offrant 2000 $ ou 5000 $ de plus. Ça arrive très souvent dans le monde de la boxe. »

Changement de mentalité

Avec l’évolution des méthodes d’entraînement, les athlètes repoussent leurs limites sur une base régulière au gymnase. Toutefois, un changement de mentalité s’est également opéré dans l’utilisation des gants à cet endroit depuis plus d’une décennie.

« Les gants de sparring étaient gros et très rembourrés, a raconté Anber. Maintenant, ils ne veulent plus en porter parce que le gars devant lui a des petits gants.

« Chez Rival, on offre trois sortes de gants de sparring. Les plus populaires sont les plus petits des trois. Ils veulent avoir un avantage dans le gymnase. »

Pour des raisons d’affaires, le Québécois interroge souvent les boxeurs sur leurs choix de gants pour les combats.

« Ils me répondent qu’ils choisissent une telle marque parce que ce sont des gants dangereux pas pour eux, mais pour leurs adversaires. »

Moins compétents ?

En plus des nombreux rounds d’entraîneurs, la déshydratation que s’imposent les boxeurs pour respecter la limite de poids soulève également des questions.

« Je crois que les associations font ce qu’elles peuvent pour encadrer les pertes de poids, a souligné Anber. À ce niveau, la responsabilité revient en grande partie aux professionnels de l’équipe qui entoure le boxeur.

« Par contre, on voit trop souvent des gens qui n’ont pas les connaissances requises. C’est triste de voir à quel point on a perdu ce professionnalisme dans le monde de la boxe. »