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N'en jetez plus, la cour est pleine!

N'en jetez plus, la cour est pleine!
QMI AGENCY

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Cette seconde entrée est peu plus tardive qu'à l'habitude. Une fois de plus la journée fut fertile en rebondissements et j'attendais que les choses se calment avant de reprendre le clavier.   

Déjà ce matin j’avais noté un texte de l’amiral William H. McRaven dans le New York Times. Son nom est associé aux standards les plus élevés chez les militaires et le bilan de sa carrière est reluisant. Si son nom évoque quelque chose pour vous, c'est peut-être parce que c'est lui qui a dirigé le raid qui devait permettre de trouver et de tuer Ben Laden. On ne lui connaît pas d’activité partisane au plan politique et il a déjà affirmé avoir de l’admiration pour tous les présidents. C’était avant la présidence Trump.            

McRaven craint aujourd’hui pour son pays. Exigeant pour ses hommes et pour lui-même, il ne parvient pas à tolérer un dirigeant qui n’a aucun respect pour les institutions et pour les valeurs fondamentales qui doivent être défendues par un homme d’État. Pour appuyer son propos, il cite un général à la retraite: « I don’t like the Democrats, but Trump is destroying the Republic!» Vous devinerez que les attaques répétées de Donald Trump contre les services de renseignement, les généraux et les alliés historiques ne lui plaisent guère. Vous voulez lui parler des Kurdes?            

Une telle sortie publique de la part d’un des officiers les plus respectés de sa génération aurait dû constituer LA nouvelle principale. Mais l’agitation est telle qu’elle est presque passée sous le radar.            

Plus tard dans la journée la Maison-Blanche confirmait que le club de golf de Donald Trump en Floride accueillerait le G7. Parmi les nombreuses bravades du président, celle-ci est une des plus spectaculaires. Conflit d’intérêts? Pas pour cet homme qui mêle affaires personnelles et affaires de l’État sans aucune gêne. George Washington doit se retourner dans sa tombe, lui si soucieux d’être un bon exemple pour ses successeurs.            

Sans même parler de cette ridicule lettre envoyée au dirigeant de la Turquie, je n’étais pas au bout de mes peines pour la journée. Rick Perry, secrétaire à l’Énergie impliqué dans le dossier ukrainien, annonçait son départ. Depuis que les projecteurs sont braqués sur lui, on le sent mal à l'aise et il va maintenant consacrer ses efforts à se sortir du bourbier.            

Ce fut ensuite au tour de Mick Mulvaney d’ajouter sa touche à une œuvre surréaliste. L’ancien représentant devenu chef de cabinet a confirmé ce que plusieurs observateurs avançaient déjà. Donald Trump a bel et bien bloqué le prêt de 400 millions à l’Ukraine pour exercer des pressions sur le gouvernement. Je rappelle qu’il l’a fait pour tenter d’obtenir des informations compromettantes sur Joe Biden. Vous doutez encore de la nécessité de la procédure de destitution?            

J’allais presque oublier de mentionner le témoignage de l’ancien ambassadeur Gordon Sondland qui a souligné avoir été déçu par des décisions de l’administration Trump, principalement l’obligation de collaborer avec Rudy Giuliani. L’avocat personnel du président, pas plus que n’importe autre civil, ne devrait pas intervenir dans les négociations formelles entre les deux pays.            

Nous en sommes là ce soir. Si vous n’êtes toujours pas convaincus que Donald Trump doit quitter son poste, rien ne parviendra à vous influencer. Il y a peu, je vous proposais un billet dans lequel j’avançais les arguments favorables à sa réélection. Même si certains, pas tous, de ces arguments étaient solides, cette présidence ternit l’image des États-Unis et en ébranle les fondations. Les quelques gains obtenus depuis trois ans le sont à un prix qui est beaucoup trop élevé.            

Que Donald Trump cède sa place après une procédure de destitution ou après une élection, il me restera un regret. Malgré ses nombreux travers, Donald Trump a offert une voix à des gens qui sont en colère, souvent avec raison. A-t-on noté leurs récriminations? Les écoutera-t-on encore une fois Trump chassé? On le devrait. Les problèmes criants de la démocratie américaine ne disparaîtront pas avec le milliardaire déjanté. Il y aura un lendemain, mais je ne suis pas convaincu que nos voisins s’y préparent bien.