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Panique au NPD

Alexandre Boulerice
Photo courtoisie Le NPD n’a pas de racines au Québec

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Si le NPD connaît une remontée au Canada anglais ces jours-ci, il n’en est pas de même au Québec. Quatrième dans les sondages, il craint une quasi-disparition électorale. Combien conservera-­t-il de sièges chez nous ? Un ? Deux ?

C’est probablement ce qui le pousse, de manière quelque peu désespérée, à changer de stratégie en fin de campagne en renonçant aux discours « rassembleurs » pour attaquer directement le Bloc, de manière mesquine et presque vengeresse.

Boulerice

C’est Alexandre Boulerice, le goon aboyeur du NPD, qui mène la charge. On croirait son angle d’attaque emprunté au PLC : il laisse croire que le Bloc québécois serait coupable d’une forme de complaisance pour le racisme parce qu’Yves-François Blanchet a refusé de congédier ses candidats ayant partagé des publications hostiles à l’islam sur Facebook, même si ceux-ci se sont immédiatement excusés, ce qui était essentiel.

On a pu constater dans cette controverse que le jugement du grand nombre semble se dérégler sur les médias sociaux et que même des gens respectables semblent capables d’y publier les pires conneries et des propos outranciers.

L’essentiel est qu’ils s’en rendent compte et le reconnaissent, ce qu’ont constaté par ailleurs l’ensemble des chefs qui ont dû faire face à de tels problèmes.

Prenons le problème de plus haut. Comment expliquer l’effondrement du NPD au Québec ? On n’y comprendra rien sans perspective historique. Le NPD, depuis sa fondation, n’a jamais vraiment réussi à s’implanter au Québec. Il n’avait pour base qu’une partie du milieu syndical et des groupuscules gauchistes radicaux.

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On ne rappellera jamais assez à quel point son triomphe au Québec en 2011 était le fait de circonstances exceptionnelles. Les Québécois tournaient alors le dos au souverainisme post-Meech. Ils ne voulaient pas pour autant se donner aux libéraux ou aux conservateurs. Ils ont utilisé le NPD pour renverser la table et créer un nouveau contexte politique.

Mais dès 2015, le NPD refluait déjà. Les Québécois ne tolérèrent pas son positionnement radicalement multiculturaliste au moment où les tribunaux décidèrent qu’une femme pouvait prêter son serment de citoyenneté canadienne en niqab.

Le NPD a cru néanmoins retrouver son élan au Québec en misant sur son progressisme. C’est ce qu’a fait tout au long de cette campagne le charismatique Jagmeet Singh, en revendiquant cette étiquette. Il oubliait qu’avant d’être progressistes, libéraux ou conservateurs, de gauche ou de droite, les Québécois sont nationalistes et lorsqu’ils sentent leur identité fragilisée ou contestée, ils réagissent. Ils se cherchent un défenseur. Dans ce rôle, le Bloc était plus convaincant, tout simplement.

Nationalisme

Le Québec ne saurait être une province comme une autre sur la scène fédérale. Toujours, le nationalisme structure le champ politique. Et ce n’est pas en laissant croire ou même en suggérant à demi-mot que ce nationalisme cache un fond xénophobe ou raciste que les électeurs s’en détourneront. En fait, ces accusations injustes les révoltent aujourd’hui. Qui les insulte risque de voir le mauvais sort se retourner contre lui.