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Festival du conte: un combat des contes pour se raconter

Festival du conte: un combat des contes pour se raconter
Photo Agence QMI, Dominick Gravel

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MONTRÉAL – Le Festival interculturel du conte de Montréal présentera samedi son tout premier «Combat des contes» pour que puisse ainsi resplendir un des plus vieux arts du monde.  

«Moi ce qui m’importe dans la vie, c’est qu’on se raconte. On doit raconter nos histoires sinon d’autres vont s’en charger», soutient d’emblée Jean Barbe, éditeur, écrivain et animateur du Combat des contes.  

S’il y a un art qui permet d’ancrer une société dans ses histoires et ses mythes populaires, c’est bien celui du conte.  

«Il faut prendre en charge nos histoires et c’est ce que cherche à faire le conte, poursuit l’auteur. Au final, c’est la première forme d’art qui sert à nous raconter, qui cherche à saisir l’essence de l’humain, l’essence d’une époque.»  

Combat  

Inspiré du Combat des livres organisé par Radio-Canada, le combat de samedi soir cherchera pour sa part à présenter cinq contes aux univers complètement différents. Ils seront défendus par cinq personnalités publiques qui auront le mandat d’en faire valoir toute la richesse et la résonance. Ces parrains et marraines n’auront pas à les interpréter sur scène, seulement à en vanter les mérites. Le public pourra préalablement écouter les contes en compétition sur le site web du festival.  

«Quel conte la population québécoise devrait-elle absolument connaître aujourd’hui ? Parmi ces cinq contes, lequel nous saisit le mieux?» questionne Jean Barbe.  

Dans la tradition du Combat des livres, chacun défend son œuvre et tente d’attaquer celle des autres. Cela dit, rien de tel n’est prévu pour l’événement de samedi, le Combat des contes cherchera bien au contraire à tous les faire resplendir.  

«Chacun des parrains et marraines va porter son conte et va tenter d’expliquer en quoi leur conte saisit mieux l’esprit de l’époque, les contradictions et les complexités de notre temps, mais on ne va pas se “varger” dessus, nuance l’animateur. Au contraire, on va célébrer la façon de se raconter. Et on a tellement besoin de se raconter.»  

Les parrains et marraines de cette première édition du Combat des contes seront l’écrivaine Chrystine Brouillet, l’astrophysicien Robert Lamontagne, la météorologue et auteure jeunesse Ève Christian, la réalisatrice et comédienne Micheline Lanctôt et la biologiste et auteure jeunesse Évelyne Daigle. Ils défendront respectivement les œuvres des conteurs Michel Faubert, Jocelyn Bérubé, Franck Sylvestre, Nadine Walsh et Simon Gauthier.  

Le public aura jusqu'au 27 octobre à 12h pour voter en ligne pour son conte favori.  

Contes et réseaux sociaux  

À travers une époque où tout semble pouvoir se consommer rapidement, en solitaire, et où les lieux de rencontre tendent à se raréfier, le conte et le rassemblement qu’il provoque agissent peut-être ici comme une forme de résistance.  

«C’est une cérémonie», insiste Jean Barbe.  

« En ces temps de réseaux sociaux et de téléphones intelligents, c’est difficile d’amener les gens vers le spectacle vivant, poursuit-il. Virginia Wolf disait que la littérature, c’était comme des allumettes frottées dans l’obscurité. On a besoin de ces moments-là, ne serait-ce que pour reconnaître où on est dans le noir. Et les contes, c’est à ça que ça sert. »  

Le Combat des contes se tiendra le samedi 19 octobre à 15h à la Grande Bibliothèque.  

Quelques contes à ne pas manquer durant le festival   

  

Le Festival interculturel du conte de Montréal se déroulera du 18 au 27 octobre et rassemblera plus de 60 spectacles présentés dans plusieurs endroits de la métropole. Quelques suggestions d’événements à ne pas manquer selon Stéphanie Bénéteau, directrice artistique et générale du festival.  

1- Empreintes/Traces : Spectacle d’ouverture du Festival, vendredi 18 octobre à 20h, Théâtre Outremont  

«Pour quelqu’un qui ne connaît pas vraiment le conte, ce qui est intéressant avec la soirée d’ouverture c’est que nous aurons huit artistes et chacun de ces artistes fera un solo pendant le festival. Le public pourra entendre chacun d’entre eux, ils feront tous une prestation de 15 minutes, et ça donnera une idée de l’univers de chaque artiste.»  

«Ensuite, les gens pourront aller voir celui ou celle qui leur plaît le plus durant le festival.»  

2- La veillée de la mort : Chants et contes du grand partir, dimanche 20 octobre à 19h30, O Patro Vys  

«C’est notre grand Michel Faubert – qui est un de nos conteurs, un des premiers à avoir fait du conte au Québec alors que le conte n’était pas connu – qui présente ce spectacle-là. Ce qui est intéressant, c’est qu’il combine contes et traditions orales avec musique électro-acoustique. C’est vraiment intéressant, surtout peut-être pour des gens qui pourraient avoir l'impression que le conte, c’est simplement quelqu’un avec un violon et une chemise carreautée.»  

3- Tshakapesh et autres mythes innus, mercredi 23 octobre à 19h30, Le Petit Outremont  

«Ici, nous avons un conteur innu, Charles Api Bellefleur, qui habite à la Romaine, très loin sur la Côte-Nord, que nous avons invité pour le festival. C’est un porteur de traditions, quelqu’un qui a reçu les contes traditionnels du peuple innu, il va les raconter en innu et la poète Joséphine Bacon en fera la traduction en temps réel.»  

«Ce qui est extraordinaire, c’est que ces deux-là se connaissent depuis très longtemps, il y a une dynamique absolument extraordinaire entre les deux. La traduction en direct va nous permettre d’entendre les contes qui sont issus du territoire sur lequel nous vivons, mais que nous ne connaissons pas. C’est saisissant, on connaît davantage les mythes grecs que l’on connaît les mythes innus. C’est vraiment une opportunité extraordinaire et rare. Je pense que ça va être très fort. »