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Un pot-de-vin de 60 000$ pour faire débloquer un projet

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Un promoteur immobilier dit avoir dû verser 60 000 $ en argent comptant afin d’obtenir le feu vert du conseil municipal de Terrebonne pour un projet domiciliaire.
 

« Ma compréhension, c’était [que c’était] de l’extorsion qu’on faisait à notre égard », a déclaré jeudi dans un témoignage explosif l’entrepreneur Jean-Guy Ouellette, au procès pour corruption et abus de confiance de l’ancien maire de Terrebonne, Jean-Marc Robitaille.

L’entrepreneur Normand Trudel, l’ancien chef de cabinet Daniel Bélec, et l’ex-directeur général de la Ville, Luc Papillon, sont aussi accusés dans ce dossier.

« C’est la première fois qu’on devait payer pour obtenir des services municipaux, et pour moi, c’était inacceptable », a ajouté M. Ouellette. 

Ce dernier n’a pas précisé jeudi à qui exactement le pot-de-vin devait être versé.

Jean-Guy Ouellette a raconté avoir fait l’acquisition d’un terrain en 2006, à Terrebonne, dont une partie était zonée pour un ensemble résidentiel.

Problème politique

Il a cependant dit avoir constaté rapidement que les autorisations requises étaient très difficiles à obtenir. Son chargé de projet, Daniel Archambault, se serait alors informé devant ces difficultés auprès d’un autre chargé de projet (sur un terrain adjacent), Réal Dubord, et une rencontre directe avec le maire Robitaille aurait été envisagée. 

« Monsieur Ouellette, on tourne en rond depuis trois mois, et le problème, il est politique », lui aurait déclaré M. Archambault. 

Selon le témoin, M. Archambault l’aurait ensuite informé qu’il faudrait que lui et M. Dubord versent 60 000 $ (30 000 $ chacun) en argent liquide pour que son projet puisse débloquer.

« J’ai avisé M. Archambault que ce n’était pas dans ma culture [de faire ça], mais qu’on n’avait pas d’autres choix », a affirmé le promoteur, jeudi. Il a dit avoir posé comme condition au paiement que toutes les résolutions du conseil municipal relatives au projet soient d’abord adoptées. Ce qui a été fait en février 2010.

« On a les autorisations, c’est urgent, il faut verser les sommes d’argent », l’aurait alors averti son chargé de projet.

M. Ouellette dit avoir dû faire plusieurs chèques de 7500 $ à même ses comptes pour ensuite retirer de l’argent comptant. Mais après deux retraits, la Caisse a bloqué le troisième chèque, et M. Dubord a donc dû lui avancer certains montants, a-t-il expliqué.