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Déchirement entre conviction et émancipation

Nathalie Doummar
Photo courtoisie, Andréanne Gauthier Nathalie Doummar

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La nouvelle pièce de Nathalie Doummar, une comédie dramatique qui prendra l’affiche à La Petite Licorne, tourne autour d’une femme égyptienne qui vient d’un milieu familial très conservateur et qui cherche à se libérer et à se redéfinir afin d’adopter un style de vie semblable à celui des femmes québécoises, son pays d’adoption.

La comédienne, Nathalie Doummar vient d’écrire sa deuxième pièce ; sa première, Coco, avait d’ailleurs été présentée en 2016 à La Licorne à guichet fermé.

« J’ai mis trois ans de travail, de réflexion et d’écriture sur le projet de cette pièce », confie l’auteure, qui sera également de la distribution pour personnifier Sissi, le personnage central, mais qui sera remplacée pour quelques représentations, son emploi du temps étant chargé.

Pour écrire Sissi, l’auteure avait à l’évidence une grande source d’inspiration. Elle-même égyptienne, elle a grandi dans une communauté égyptienne chrétienne et concède qu’il s’agit là d’une pièce très personnelle.

Crise existentielle

Ainsi, on retrouvera Sissi et son mari Pete, Québécois d’origine égyptienne, qui est aussi son ami d’enfance. Ils vivent à Montréal et ont adopté un enfant de quatre ans, considérant que tout va trop mal sur la planète pour en rajouter, préférant en sauver un. « Elle est née au Québec, a plusieurs sœurs, et sa mère l’appelle Sissi, même si son véritable nom, c’est Romy », relate l’auteure et comédienne. « Ils sont tous catholiques et très pratiquants. » La jeune maman, qui vit selon les valeurs familiales égyptiennes, aimerait élargir son réseau d’amis, notamment auprès de mamans typiquement québécoises, pour vivre autrement. « Elle réalise qu’elle n’a jamais partagé un repas avec des Québécois », ajoute-t-elle.

Confrontée à sa réalité et devant son désir de s’affranchir, elle traversera une véritable crise existentielle. Elle se liera d’amitié avec sa voisine Marilyne, qu’elle idéalise pour son style de vie. Cette dernière et son conjoint Jérémie, un couple québécois de souche, ont également un fils adoptif. Rapidement, les deux couples vont se fréquenter. « Sissi réalise que le rapport d’autorité entre parents et enfant est différent », indique Nathalie Doummar.

Émancipation

Sissi est sortie du lot par rapport au reste de sa famille en devenant une danseuse contemporaine, mais cela ne suffit plus. Elle remet tout en question et veut s’émanciper davantage dans toutes les sphères de sa vie, remettant en question les valeurs dans lesquelles elle a été élevée. « Elle verbalise beaucoup et dit tout haut tout ce qui lui passe par la tête », révèle la comédienne.

Si la jeune femme parvient à toucher à l’émancipation souhaitée, ce ne sera pas sans conséquence auprès des siens.

« Nous sommes dans le drame, car Sissi souffre beaucoup et se cherche constamment, mais il y a plusieurs situations cocasses », conclut-elle.

Par ailleurs, on pourra voir Nathalie Doummar dans la pièce, Nelligan, qui sera présentée au TNM en janvier prochain. Elle a également décroché une résidence d’écriture au Théâtre Duceppe.

Sissi

  • Auteur : Nathalie Doummar
  • Mise en scène : Marie-Ève Milot
  • Distribution : Mustapha Aramis, Mathieu Quesnel, Élisabeth Sirois et Nathalie Doummar, en alternance­­­ avec Sylvie De Morais-Nogueira
  • Du 21 octobre au 22 novembre
  • Au Théâtre La Licorne (salle intime)