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Les conservateurs ont-ils coulé la Davie?

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Photo d'archives, AFP Le chef conservateur, Andrew Scheer, lors d’un point de presse après le débat en français du 10 octobre.

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Débusquer les fausses nouvelles, vérifier les déclarations des politiciens, trouver les vrais chiffres : les recherchistes de notre Bureau d’enquête, basées à Montréal, Québec et Ottawa, se spécialisent dans l’art de rétablir les faits. Chaque samedi, elles vous présentent leurs trouvailles pour vous permettre d’y voir plus clair dans l’actualité de la semaine.

L'énoncé

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a accusé cette semaine les conservateurs de n’avoir rien fait pour aider le chantier maritime Davie, établi à Lévis, lorsqu’ils étaient au pouvoir.

Le chef conservateur, Andrew Scheer, a réfuté mardi cette affirmation. « C’est clair pour les Québécois et les Québécoises que c’est notre parti qui a toujours appuyé Davie, et c’est seulement notre parti », a-t-il ajouté.

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Les faits

M. Blanchet a en partie raison. Il est vrai que le chantier Davie a été exclu de la Stratégie de construction navale pour les 20 à 30 prochaines années, présentée par les conservateurs en 2010.

Deux concurrents de Davie, soit Irving Shipbuilding en Nouvelle-Écosse et Seaspan en Colombie-Britannique, ont été les bénéficiaires des principaux contrats. La stratégie avait été estimée en 2015 à 111 milliards $ sur 30 ans par une étude de la Bibliothèque du Parlement.

D’un autre côté, il est difficile d’accuser les conservateurs d’avoir complètement délaissé la Davie. Dans son rapport à ce sujet en 2013, le vérificateur général a assuré que le processus de sélection « s’est déroulé indépendamment de toute influence politique ».

Aussi, des plus petits contrats ont tout de même été accordés à la Davie sous Stephen Harper, dans le cadre du programme de réparation et d’entretien de la stratégie.

Le précédent gouvernement conservateur avait également confié à la Davie la conversion de l’Asterix en navire ravitailleur, ce qui a été finalement autorisé après l’arrivée au pouvoir de Justin Trudeau, au coût de 650 millions $.