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Les robots collaboratifs à la rescousse d’une usine

APN pourra profiter du savoir d’une nouvelle chaire en robotique de l’ÉTS

Joël Lessard, directeur de l’amélioration continue et de l’optimisation à l’usine APN.
Photo Steve Leblanc Joël Lessard, directeur de l’amélioration continue et de l’optimisation à l’usine APN.

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Une entreprise de la région de Québec peinait à pourvoir ses postes de machinistes pour faire face à la forte croissance de ses activités. Sa solution : les robots collaboratifs, qui libèrent les travailleurs des tâches répétitives.

Neuf robots collaboratifs sont à l’œuvre dans l’usine d’APN, qui fabrique des pièces de précision pour le secteur de l’aérospatiale. Ces petits automates prennent les pièces, les nettoient et les mettent dans une boîte, des opérations qui étaient exécutées auparavant par les machinistes.

« Ils peuvent maintenant se consacrer à des tâches à plus grande valeur ajoutée », explique Joël Lessard, directeur de l’amélioration continue et de l’optimisation chez APN.

Les robots collaboratifs sont plus à la portée des PME que ceux que l’on retrouve dans les grandes usines d’assemblage. Ils sont plus simples à programmer, faciles à installer, et travaillent en synergie avec les travailleurs pour accomplir différentes tâches répétitives. Le coût d’investissement est aussi plus abordable, soit entre 60 000 $ et 100 000 $ par automate.

« Ils maximisent aussi le temps d’utilisation des machines et offrent une qualité de production plus stable. Chez nous, les gains d’efficacité sont de l’ordre de 15 % », estime M. Lessard.

Nouvelle chaire en robotique

Il reste toutefois beaucoup de travail à faire pour que ces robots, qui sont apparus sur le marché il y a une dizaine d’années, puissent effectuer des tâches plus complexes, comme de l’assemblage.

C’est à ces défis techniques que veut s’attaquer la nouvelle Chaire de recherche industrielle en robotique collaborative de l’École de technologie supérieure (ÉTS).

« Par exemple, les robots arrivent difficilement à utiliser la bonne force pour manipuler une pièce », explique Vincent Duchaine, professeur en génie des systèmes et titulaire de la Chaire. « Ils sont aussi plus lents que les humains pour exécuter des tâches de grande précision. »

L’équipe de chercheurs de la Chaire veut développer des algorithmes « d’apprentissage-machine » qui vont simplifier la programmation des robots. Cette nouvelle programmation ajoutera indirectement de l’intelligence tactile à chacun des robots.

La Chaire est associée à Robotiq, l’entreprise de Lévis qui produit des mains robotiques et d’autres solutions d’automatisation. Elle deviendra propriétaire des innovations qui seront développées par les chercheurs.

L’ÉTS espère aider les PME à rattraper leur retard en matière de robotisation.

« Au Québec, environ 25 % des entreprises manufacturières ont pris le virage, comparativement à 55 % aux États-Unis et 70 % en Allemagne, précise M. Duchaine. Grâce aux robots collaboratifs, les progrès pourraient être rapides. »

Et contrairement à la croyance populaire, les robots collaboratifs ne menacent pas les emplois. Chez APN, ils ont plutôt contribué à la rétention du personnel grâce à la valorisation des tâches.

« Ils ont eu besoin d’un temps d’adaptation, mais aujourd’hui, les machinistes reconnaissent le potentiel des robots et ils ne peuvent plus s’en passer », affirme Joël Lessard.