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Lutter contre les monstres

Dévoré(s) aborde la peur de l’autre et l’ignorance

Dévoré(s)
Photo courtoisie, La Bête noire

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La fête de l’Halloween n’existe plus. Elle a été remplacée par une émission de téléréalité où des participants, cloîtrés dans leurs résidences, doivent offrir le meilleur divertissement possible pour remporter de l’argent.

<i>Dévoré(s)</i> se déroule dans une Halloween réinventée où les gens, par peur, n’osent plus sortir de leurs résidences.
Photo courtoisie, La Bête noire
Dévoré(s) se déroule dans une Halloween réinventée où les gens, par peur, n’osent plus sortir de leurs résidences.

À l’affiche au Théâtre Périscope, à partir du 29 octobre, Dévoré(s) se déroule dans un monde fantasmé où les gens ont peur de tout ce qui se passe à l’extérieur. Et où les enfants ne vont plus frapper chez des étrangers, les soirs d’Halloween, pour demander des bonbons.

Bien chez soi

« Il y a des hommes et des femmes qui suivent les gens, qui vont sur les terrains des résidences et qui font peur au monde », a lancé le jeune auteur et comédien Jean-Denis Beaudoin, lors d’un entretien.

Dévoré(s) raconte l’histoire d’une famille monoparentale qui participe, lors d’une journée d’Halloween, à cette émission de téléréalité. Une famille qui tente d’échapper à sa misère.

« Ces gens n’osent plus sortir de leur maison. Ils sont dans la peur », a précisé l’auteur des pièces Mes enfants n’ont pas peur du noir et Épicerie.

La vie moderne, fait-il remarquer, est faite pour que l’on sorte de moins en moins.

« On s’érige des châteaux à domicile où on est si bien et on regarde la télé pour voir ce qui se passe à l’extérieur. On se fait livrer, et tout se fait maintenant par internet. C’est possible de passer une vie sans sortir, tout en étant au courant de tout ce qui se passe à l’extérieur », a-t-il fait savoir.

Théâtre de l’horreur

Ce n’est pas par hasard si Jean-Denis Beaudoin a choisi de situer sa pièce Dévoré(s) dans une Halloween réinventée.

« C’est une tradition fascinante et hallucinante. C’est la seule fête où on sort de chez soi pour aller cogner chez les étrangers et demander des bonbons. On oublie à quel point c’est bizarre et absurde », a-t-il mentionné, faisant référence à cette réalité où les gens quittent de moins en moins leur lieu de vie.

L’auteur et comédien se demande si l’Halloween, dans ce contexte, est toujours aussi populaire.

« J’aimais, lorsque j’étais jeune, entrer en contact avec les gens de mon quartier et aller à la rencontre de l’autre », a-t-il ajouté.

 « On a l’impression d’être tout seuls avec nos troubles, mais nous sommes plusieurs. » –Jean-Denis Beaudoin

Dévoré(s) aborde la peur de l’autre, du monde extérieur, et l’ignorance.

Jean-Denis Beaudoin qualifie sa pièce de thriller, de théâtre de l’horreur et de théâtre de genre.

« Il y a une certaine forme de violence graphique dans le spectacle. Ce n’est pas quelque chose qu’il faut prendre au premier degré. Je n’ai pas la prétention de dire que l’on renouvelle le genre, mais on retrouve, dans Dévoré(s), des choses que je n’ai jamais vues au théâtre. Ça devient une expérience et un événement, et on a voulu pousser ça à l’extrême », a-t-il dit.


► Dévoré(s) est présentée du 29 octobre au 16 novembre au Théâtre Périscope.